‹ Saint François de XavierChapitre 33 sur 84 · I. T. do T., Gav. anl., 20, m · texte numérisé non relu

I. T. do T., Gav. anl., 20, m

l'évangile a ceylan (1541:1516). 285

profit : on allait partir avec moi, quand arrivèrent nouvelles que les Rumes venaient sur nous. Je ne crus pas devoir m'éloiçner de l'Inde : je fis que les princes allassent s'offrir au Gouverneur qui leur plut.

Au milieu de l'hiver, arrivèrent, de Jafanapatam, des am- Imssadeurs aux princes et au Gouverneur; ils disaient :.« Anciennement, nous étions sujets du roi de Ceylan; or, le Seigneur que nous avons maintenant nous tyrannise; les fils du ' roi de Ceylan étant devenus chrétiens, nous désirons les avoir pour souverains, obéir au roi de Ceylan et nous faire tous chrétiens. D. Martin A^ de Sousa, informé de ces clioses, arrêta qu'il y enverrait les princes ; mais alors arriva D. Juan de Castro, et rien ne se fit.

En arrivant, D. Juan de Castro manda venir les princes, et leur fit plus d'honneur encore que Martin A® de Sousa ; il leur donna pour compagnon son fils. En ce temps, ils ne sortaient pas de ma maison. Juan de Castro, selon le dessein de son prédécesseur, résolut d'envoyer les princes à Jafanapatam, la chose devant être du service de Dieu et de V. A. Il envoya, d*abord, un ambassadeur au roi de Ceylan, pour savoir ses intentions, car on dit que, d'accord avec son frère, il veut empêcher les gens de se faire chrétiens ; ce qui exigerait d'autres mesures.

Cette île de Jafanapatam est l'Ile même de Ceylan, dans sa pointe nord-est. Un seiçneur, qui s'est soustrait à l'autorité du roi de Ceylan, la tyrannise : il est haï. C'est un favori du précédent seigneur : il tua son maître, prit sa place et fit périr plus de deux mille serviteurs dévoués du seigneur légitime. Récemment, pour mettre le comble à ses péchés, il a fait mourir .sept cents, et tant de chrétiens. C'est pour cela que Ton veut mettre ces princes à sa place : ce sera, d'ailleurs, un acheminement à la conversion de Ceylan tout enrier A la foi chrétienne.

28& l'évangile a geylan (1541-1546).

Ces princes attendent encore que V. A. leur fasse justice pour le meurtre de leur frère, que son père, roi de Ceylan, a tué parce qu'il s'était fait chrétien.

Depuis ces choses, est revenu l'ambassadeur envové à Ceylan : il dit que le Roi ne se fera jamais chrétien et sera plutôt more. On se propose d'aller l'attaquer, en septembre i546.

Ici, André de Sousa fait valoir ses services. Il demande dédommagfement pour ses dépenses au profit des deux princes; par exemple, qu'on lui [accordât, pour quatre ans, la pêcherie de perles qui se fait sur les côtes de Jafanapatam, où il a vécu avec les princes, etc.

André de Sousa poursuit :

Depuis cette détermination prise, arrivèrent de Ceylan les frayles de saint François, avec des lettres du roi de Cande pour le çouverneur et les deux princes. Ce roi demandait un secours de cinquante hommes, parce qu^il désire se faire chrétien avec ses fils et ses sujets. Il offre de marier sa fille avec le prince de Ceylan. Le roi de Ceylan menace de s'emparer du royaume de Cande.

Quant au roi de Cande, il est dirigé, dans ses voies nouvelles, par un homme d'honneur qui vit dans le pays, Nuno Alvarez Pereira. Le Gouverneur m'y envoie donc avec cinquante hommes et les mêmes frayles. Je ferai beaucoup, car j'ai beaucoup de crédit dans ce pays : le Roi lui-même me fait appeler, etc. Ce royaume de Cande est au milieu de Tlle de Ceylan : c'est un pays très fertile, très peuplé, etc.

Les frayles et moi nous partons, en janvier prochain (i546), pour le service de Dieu et de V. A., et je fais cela à mes ^os

l'évangile a ceylan (1541-1546). 287

dépens et risque de ma personne. II faudra aller à quinze lieues dans Tintérieur des terres, au milieu d'ennemis, avant d'arriver à l'entrée du royaume de Cande ; et tout cela, pour servir Dieu et V. A. Je vous demande de vous souvenir de moi et de mes services, car je n'ai personne qui sollicite pour moi, si ce n'est Dieu Notre-Seiç^neur. Je laisse donc tout en ses mains et à la conscience de V. A., e te'.

Le 8 mars i546, Jean III écrira à Juan de Castro, nouveau Gouverneur de Tlnde :

Par Miguel Vaz et par lettres de Maître François et autres, j'ai su combien de cens, dans ces pays, se sont convertis et se convertissent à la foi catholique. Je rends bien des grâces à Dieu pour ces nouvelles; aucune autre ne pourrait me donner plus de joie.

L'œuvre est bien grande; ceux qui s'y occupent sont peu nombreux; l'Evêque doit quitter le pays. Ces considérations m'ont fait juger à propos de renvoyer dans l'Inde Miguel Vaz, et avec lui viennent dix prêtres de la Compagnie de Jésus, que vous pourrez envoyer aux endroit.s où leur présence sera plus nécessaire. Vous vous entendrez pour cela avec Maître François et Miguel Vaz.

J'attends beaucoup de vous que, pour votre part, vous contribuerez à ce que je reçoive de Notre-Seigneur la grâce de voir la moisson grandir, autant que les commencements permettent de l'espérer. C'est là, je vous le rappelle, le plus Igrand service, le plus grand contentement que je puisse recevoir de vous. Avec sollicitude et diligence, favorisez, traitez bien et les nouveaux chrétiens, et ceux qui le deviendront, et les Religieux que j'envoie, et les autres qui sont déjà dans

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