I. Avanl-propoH de IVdilion de
gais ; mais, comme il n'appréhendait pas la perte di ces textes, il fit d'abord, ainsi qu'il le devait, œuvr utile à la généralité des fidèles, en traduisant les let — très du Saint; et le latin, langue commune, s'imposait à un traducteur qui visait au bien commun»
Historien et critique éminent, le Père Poussines eut* peur de trahir François de Xavier en le traduisant; il-1 voulut, de tout son cœur, ne le point faire; écou- tons-le encore :
(( Omnium porro quam sincerissimam quamque « perspicuissimam lalinam interpretationem accuran- « dam toto animo amplexus, et spatio et contentione (( majoribus quam quis facile autumet, in id studium « incubui : singulas quippe non sententias solum, <( sed et voces et pêne apices, nusquam festinans, « expendi ; praeter vocabularia et libres, vivos etiam (( magistros adhibens .. Sunt in dialecte lusitanica per (( Indicas colonias vigente, quidam idiotismi... : « eorum glossas... (a P. Philippucio) elaboratas « accepi..., consului... Res ecclesiasticas usitatis poa tins et notis formulis, quam circuitionibus ad vête- <c rem elegantiam exquisite afFectatis, efferre plerum- « que malui ; magis interesse ratus talis utique tracta- (( torem argumenti christiane quam ciceroniane loqui. w Scribens hispanice aut lusitanice, S. Xaverius ali- « quas interdum inspergit latinas voces... : has cm- (( nesstudiose retinui... »
AVANT-l'RUPOS. XXJ
Enfin, rappelant des publications antérieures, celle du Père Horace Torsellini en particulier \ le Père Poussines déclare qu^aucun de ces livres ne lui ôte le droit d'appeler le sien : recueil de lettres nouvelles, neuves^ inédites : « Septem in libros discrevi bas quas « emitto epistolas, novas omnes merito vocatas, etsi (c aliquot ipsarum qu8edam alibi excerpta aut membra « mutila prodierint; — quôd integrœ ntmc primum, a ac plane qtuiles e Sancti calamo eœiere vulgentur^. »
Cette déclaration est grave et, pour ne l'avoir pas assez remarquée ou prise au sérieux, tels éditeurs, venus plus tard, des Lettres de saint François de Xavier errèrent, peut-être, en composant des textes nouveaux, où, çà et là, Torsellini et d'autres viennent, même pour le fond, corriger, améliorer, compléter Poussines, et réciproquement. Le Père Poussines connut^ il étudia les travaux du Père Pierre Maffei^; il connut, il étudia ceux du Père Torsellini, et il n'était pas
I. Francisci Xaverii EpUtolaruni libri W ab Horatio Turselliuo ex hispanico in latînum conversi. Roniae..., i5g6.
a. /bid. Le Père Poussines est, en cfFet, exaol, pour le fond, dans ses traductions : Ton y trouve, à peu près, toutes ies choses que François a dites, — et des choses qxiil n*a pas dites ne s'y trouvent guère ; — mais /e style est changé, et l'homme diminué et même défiguré : ce que François exprime, en quatre mots d'une simplicité charmante, Poussines, çà et là, le dit en lignes d'un trop beau ou trop bon latin. On peut étudier, comme type, la dernière lettre du Saint (i3 novembre i552). C'est la quarante- «juatrième du quatrième li\Te de Menchaca (II, pp. 465-472).
3. Selectanim epistolarum ex India, libri IIII, Joanne Petro Mafîi'ei interprète..., ir»7i.
XXij AVANT-PROl*OS.
homme à ne pas discerner le vrai qui s'y trouvait, na homme à le négliger, là où il ne possédait pas un vra5 plus sûr, un vrai meilleur.
Entre les pièces de grande valeur dont le Père -- Poussines disposa le premier, il faut noter cinq lettres de saint François de Xavier au roi de Portugal : copie lui en fut envoyée, de Lisbonne, d'après les originaux autographes. Ces lettres existent sûrement encore, en Portugal ; mais, jusqu'à Theure présente, elles sont à retrouver. N'en pouvant, avec assurance, traduire le texte original, nous nous sommes contenté d'en résumer le fond, d'après la traduction du Père Poussines, qui, sans nul doute, est^ à cet égard, exacte.
Le Père Delplace compte cent trente- huit lettres ou écrits analogues de saint François de Xavier, bien connus pour avoir été imprimés : notons cependant qu'il y comprend, d'après Menchaca, et non sans réserves, telles et telles pages de Torsellini et autres, qui pourraient bien n'être que des fragments détachés et amplifiés de lettres données plus tard par Poussines, « intégrales et telles que le Saint les écrivit. »
A Rome, en 1887, le P. Delplace réunit environ vingt-neuf textes, sûrement originaux, desquels huit
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sont autographes, ou du moins signés par le Saint.
Des cent neuf textes originaux qui manqueraient à Rome, dix-huit sont à la Bibliothèque nationale de Lisbonne, réunis à d^autres documents, dans le registre intitulé : « Manuscriptos de muito valor e estimaçào... » Ces dix-huit pièces, à peu près, sont autographes ou munies de la signature de François : nous les décrirons plus loin\
Restaient à assembler quatre-vingt-onze textes originaux. A rheure même où le P. Delplace, à Rome, groupait ceux que Ton y pourrait utiliser, M. Jeronymo P. A. Da Camara Manoel publiait, à Lisbonne, au nom de la Société de Géographie, dont il est membre, sen excellent livre Missoes dos Jesuitas no Oriente : on y trouve le texte original de neuf lettres de saint François de Xavier, tirées d'un registre ayant autrefois appartenu aux Jésuites de Portugal, et maintenant acquis au Ministère des Affaires étrangères. Le registre a pour titre : « Livro primeiro em que se treladâo as carias que mandâo os irmâos da ConifT de Jesu
I. L*ins()ection de ce registre autorise, croyons-nous» à juger que la plupart des meilleures pièces (ju'il renferme ont été détachées de celui dont parle, eu ces termes, François de Sousa (Oriente conf/uistudOf 1, p. 025) : « Les lettres de S. François de Xavier se gardent très décemment dans nos i< archives de Goa, eu un registre recouvert de velours rouge, garni de « coins et fermoirs d'argent. »
Le P. de Sousa donne bien des lettres du Saint, et des plus rares ; niais il lui arrive, peut-être (juelquefois, d'en écourter le fond et de corriger la forme. (V., par exemple. Oriente, ï, p. 743 et suiv.)
que andao na India das causas que Nosso Senhor por ella obra e começa do aTto de 1544 en diante. » De ces lettres (dont, pour la plupart, copie est en un pareil registre de la Bibliothèque royale de Ajuda), cinq aident à compléter le fonds romain : ce sont celles des pages 23, 29, 41, 45 et 55 du livre de M. Camara Manoel.
Tout ce qui, à peu près, pouvait encore manquer, l'obligeance de M. Rodrigo Vicente d^Almeida, officiai àe la Bibliothèque royale d'Ajuda, nous le procura, en novembre et décembre 1894 :
Première source. — Deux gros registres renfermant, le premier, copie des lettres « envoyées par les Pères qui allaient en diverses parties de l'Inde >^, de 1544 à 1556; — le deuxième, copie des lettres de 1556 à 1564 inclusivement.
En tête de chaque registre, le catalogue, année par année, des missionnaires envoyés, de 1541 à 1556, et de 1556 à 1564. A la suite de chacun de ces catalogues annuels, se trouvent mentionnées les lettres plus importantes que Ton reçut des missions.
Dans le premier registre, outre de nombreuses lettres, utiles pour l'histoire de S. François de Xavier, on trouve, copiées, vingt et une lettres du Saint. — Au deuxième registre est une seconde copie des lettres de François, du 15 janvier 1544 et du 20 janvier 1549.
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Deuxième source. — C'est le manuscrit coté 7. Il fut apporté de Macao à Lisbonne, en 1746 : « Ce re- « gistre, y est-il dit, se doit garder à Lisbonne en la « Procure de la Province du Japon, et il n'en doit pas « sortir, à moins que ce ne fût sous forme de copie. » Joâo Alvares, signé. — Le registre, papier de Chine, a cent soixante-dix-neuf folios.
Joâo Alvares l'intitule ainsi : <v Libro de varias cartas de S. Francisco Xavier, trelladadas de hum libro que esta na sacretaria da Provincia de Japâo, no collegio da Madré de Deos da Companhia dé Jésus, na cidade de Macao... »
Celui qui copia les lettres, au secrétariat de la province de Japon, à Macao, se fait connaître : — Les vingt premiers folios du manuscrit renferment un excellent résumé des procès faits. Tannée 1615, en diverses régions de l'Inde, au sujet des vertus et d^ miracles de S. François de Xavier. Ce travail achevé, le copiste se recommande aux prières des Pères et Frères de la Compagnie, et il signe ; Manoel Barradas, Cochin, 15 février 1617^
La seconde partie du manuscrit, de la même main que la première, commence, au folio 21, par ces mots : « Les lettres ci-après sont tirées, ou de leurs
I. Maiiot'l ne scraitHl |)as le I*. Manoel Barradas, niurl à (lochin en 1040, — de qui les écrits sur les pays orientaux, leurs fausses divinités, leurs pratitiues reli^srieuscs, etc., sont notés dans la Bihlittthèqiu* de in C(>m/)(tf/nie île JéxiiSy t. î, col. ^>i 1 ?