‹ Saint François de XavierChapitre 44 sur 84 · Ajuda, ras. Lettres des Indes · texte numérisé non relu

Ajuda, ras. Lettres des Indes

2. Antoine Criminal, né à Lissa, proche de Parme, en i520, fut attiré à la Compagnie par la sainte vie du Bienheureux Pierre Le Fèvre, et saint Ignace l'y admit à la fin de Tannée i54i : il était sous-diacre. Il alla ensuite à Coîmbre où, après un an et demi d'études, il fut ordonné prêtre, le 6 janvier i544 • peu après, le 29 avril, il partait pour Flnde; mais le départ utile n'eut lieu que l'année d'après, le 28 mars, et il arriva à Goa au commencement de septembre i545. Il mourut martyr, de la main des Badages, au mois de mai i549<

Jean de Beira naquit à Pontevedra, en Galice. Il avait déjà un canonicat à la cathédrale de La Coruna, lorsque les prédications du Frère François Estrada l'emmenèrent au noviciat de Coïmhrc> en i544* H mourut saintement k Goa, le 4 janvier i564.

Nicolas Lancilloti, originaire de Urbino (Etats de l'Église), fut reçu dans a Compagnie par saint Ignace, qui eut toujours en lui la plus grande coniance. Il mourut à Coulam, en 1558, après avoir admirablement travaillé et (ouffert pour Jésus-Christ et les Ames.

ques passagfes de leurs premières lettres inleresseront le lecteur ; il noiera seulement que tels et tek faits les supposent encore dépourvus de derniem nouvelles.

Le P. Jean de Beira aux Pères de Coimbre :

Nous arrivâmes ici , le a septembre, eu bonne santé, çréces à Dieu, et nous y sommes encore tous les trois, avec le P. Micer Paul Camerino et un prêtre nommé Maflre Diogo, qui n'est pas encore de la Compagnie, mais qui nous est fort affectionné et à tous nos frères. Et lui et quelques autres ool été, au nom du Roi, les fondateurs du Collèg-e où nous vivons. Ils font tous leurs efforts pour nous y retenir et fixer, bien que le P. Maître François ne sôît pas de cet avis. Leur insistance ne nous convient pas davantage, car nous savons les grandes nécessités des régions qu'il a déjà parcourues et de celles où il se trouve en ce moment.

Une lettre de lui nous apprend qu'il est allé en un pays appelé Macaçar, fort éloigné d'ici. Il nous ordonne d'aller, deui d'entre nous, avec des Princes qui sont à présent à Goa, lorsqu'ils retourneront en leur pays : ce pays s'appelle Ceylan. lis ont fui de Ceylan à Goa pour échapper à la mort, dont leur père les menaçait, parce qu'ils veulent être chrétiens. Ainsi a déjà péri leur frère aîné, que l'on peut dire avoir é\i baptisé dans son sang. On parle de prodiges advenus depuis 1^ mort de ce prince : sur sa tombe, la terre se serait entr'ouverte en forme de croix; on aurait vu, lors de la sépulture, une croix couleur de feu briller dans les airs. De nombreuses conversions ont suivi, et le Roi a fait de nouveaux martyrs. Le Gouverneur de Flnde lui a envoyé un ambassadeur pour ^inviter à se faire chrétien ; on n'espère pas de lui bonne réponse; aussi le Gouverneur se tient-il prêt à partir en armes pour donner le trône aux Princes ses fils. Depuis qu'ils sont à

Goa, un des capitaines de leur père et dix gentilshommes sont venus les joindre, laissant pour cela femme, enfants et biens. Ils ont grandement souffert en ce voyage de deux cents lieues et plus. Ils viennent tous les jours au Collège, où nous leur enseignons la doctrine chrétienne ; c'est chose admirable à voir que le zèle et la dévotion qu'ils ont à l'apprendre.

Le P, Maître François nous écrit encore de ne pas aller tous en la compagnie de ces Princes, quand ils retourneront à Ceylan : quelques-uns devront attendre ici de nouveaux ordres. Il va, lui, s'assurer par lui-même de l'état des choses et des esprits, laissant pour cela une région où sont déjà de nombreux chrétiens, qu'il a confiés aux soins de Francisco de Mansilhas. Ce pays fut évangélisé [par Ijb glorieux apôtre saint Thomas.

Nous sommes donc à Goa, attendant les ordres du P. Maître François. Le P. Lancilloti est notre supérieur ; le P. Micer Paul Camerino est chargé des enfants ; le P. Antoine Criminal est sacristain ; j'ai la charge de portier. Beaucoup de Mores et d'infidèles sont baptisés chez nous ; la parole du cantique de Notre-Dame se vérifie : Esurientes implevit bonis et divi" tes dimisit inanes : ces pauvres gens s'enrichissent de la grâce de Dieu, et tant de chrétiens, fils de chrétiens, en sont vides'.

Le P. Lancilloti aux Pères de Goïmbre :

En attendant les ordres de Maître François, nous sommes tous trois dans ce collège de Goa tâchant d'y mettre un ordre conforme aux lois et usages de la Compagnie. La construction matérielle est excellente, l'église est bien bâtie et grande, les terrains voisins, assez étendus, lui appartiennent, ils sont bien clos, et dans l'enceinte se trouvent deux dévots ermitages, l'un de Saint-Jérôme et l'autre de Saint-Antoine. La maison

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