Aj'ada, ms. Lettres des Indes
vous appeler et faire que vous ameniez l'Evêque avec tous. Je vous prie donc de ne mettre en ceci aucune hésitation ni ^^ tard, parce que de telles choses se doivent traiter avec beaucoup de diligence. Antonio Corelho vous informera plus pleinement de tout ce qui s'est traité entre moi et lui. Donnez crédit à tout ce qu'il vous dira, afin que la chose se conclue au plus vite. Amenez avec vous le plus de gens que vous pourrez ; tout ceci, en effet, importe beaucoup au service du Roi de Portugal et au mien.
Fait à Ponor, 9 décembre i545.
(Signature du roi et sceau •.)
Le Roi de Tanor à Juan de Castro :
Le Capilan de Chale m'a donné ici une lettre de vous; j'ai ordonné qu'on me la lût : j'ai su ce qui venait en elle et m'en suis réjoui grandement, parce que je sais que ce sont paroles d'une personne qui ne manquera pas de les tenir, et qui même fera plus qu'il ne dit.
Pour moi, je vous ai écrit comme il y a bien des jours que j'ai la volonté de me ranger à votre Loi. Je laissais de le faire, parce que mon frère, roi de ce pays, est encore vivant, et je me proposais de le faire après sa mort, et aussi la mort de ma mère. Maintenant, à l'occasion de votre venue de Portugal, et vu la connaissance que j'ai de vous, je sens mon désir grandir à tel point que je ne veux pas différer davantage.
Je vous prie donc de ne pas hésiter à venir, le plus tôt que vous pourrez, ainsi et de la façon que vous l'écrivit, de ma part, le Capitaine de Chale, d'autant plus que mes frères, propres héritiers du royaume, sont dans la même volonté que moi, et que la majorité du peuple voudra ce que je voudrai.