I. Ajudaf ms8. de Juan de Castro, t. IV, fol. 1G
aller ainsi vers lui, retenu qu'il était par ses démêlés avec ridalquao, mais que, ces démêlés terminés et le plus tôt po*j sible, il irait à lui pour conclure une œuvre si sainte, et que|, en attendant, on lui enverrait Maître Diogo pour rinstruine; l'affermir dans son bon dessein et lui servir de secrétaire poar ses lettres, où il dirait ses intentions, et comment aucune né»! cessité, aucun intérêt ne le meut à se faire chrétien, maisbiet la grâce de Dieu et une volonté sincère de laisser la gentiiifé et d'embrasser notre Loi. — Or, aujourd'hui. Sa Seigneurie a reçu une lettre de Maître Diogo et une autre d'Antonio Corelho, Capitaine de Chale, par lesquelles ils l'informent que le roi de Tanor a le dessein, en effet, de se faire chrétien, mais qu'il le voudrait être en secret, parce que sa mère, son frère et quelques rois de Malabar s'étonneraient fort de sa d^ termination ; les Nayres et le peuple de son royaume en seraient mécontents. Il appréhende même qu'un armement^ que fait le Roi deCalicut, n'ait pour cause quelque soupçon de son dessein, etc.
Les délibérants donnèrent, pevi après, leur avis par écrit. H fut arrêté qu'on ne prendrait pas de résolution avant le mois de septembre ^
Vers la fin de février i546, maître Diogo écrit à Juan de Castro :
Le roi de Tanor est mécontent (prend mal) que Votre Seigneurie ne vienne pas, et elle soupçonne que la cause en ^^^ quelque lettre que je vous aurais adressée secrètement.
Il demande que je le fasse chrétien, en compagnie de ses
I. Aj'nda, ms. de Juan de Castro, t. IV, fol. i55 et suiv. Aux foll. 17^ 217 se trouvent les atfis (pareceres) orijsrinaux de l'Evêque et des autres personnages ci-dessus désignés. Il y a, de plus, celui des vinffi-quatrt fie la cité.
frères et de dix à douze autres membres de sa famille, mais en secret, et sans rien chang^er^ pour le moment, dans ses usajçes, dans ses idolâtries accoutumées, disant (|ue lui, en dissimulant ainsi, conservera son royaume et, petit à petit, le convertira; qu'il nous donnera toute Ja faveur nécessaire pour travailler à cette œuvre. Il permet que Ton fasse une éiçlise à Tanor, où se trouve un chrétien très riche, disposé ù en faire les frais par dévotion. Le Roi, de son cAté, y aidera tant qu'il pourra. Il ajoute que, dès qu'il verra moyen de se déclarer, il détruira les pajs^odes et donnera autant de manpies extérieures de son christianisme, qu'il en a de sentiments dans Tâme; que tout cela se ferait vite, si son frère verniit A mourir.
Voilà ce qu'il dit et, dans ces conditions, il veut que je lé fasse chrétien. Que Votre Seiiijneurie voie ce qui se doit faire, parce que je ne ferai, moi, que ce que m'ordonneront V^otre Seigneurie et le seiçneur Évécpie, et les Pères et Docteurs de la cour souveraine {Desembargo). A vous de savoir, A nous de faire ce que Votre Seigneurie, le seigneur Evèque et les Père» et Docteurs aurez décidé.
Je dirai maintenant mon avis : faire une telle chose, dans les conditions ci-dessus marquées, c'est aller contre les décisions des Docteurs, théologiens et canonistes, et en particulier de saint Augustin, qui n'autoris<* d'aucune manière de telles dissimulations, et saint Paul dit : (lorde ereditiir ad juntiii'am ; ore auiem fit confessio ad nalniem.
Que Vôtre Seigneurie veuille liien ne pas nous expédier réponse, sans en donner avi.^ au rollège, parce que nous y demandons certains objfrts nérensaires.
Maître Dioço dernanrle qu'on lui i*rivoie rje Goa un jeune brahme, Antonio, qui vil au couvent rJf* Saint- François. On a i^.sfnfi rjf; lui h Tanor'.