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CHAPITRE XVI

où FRANÇOIS DE XAVIER RACONTE SES DERNIERS TRAVAUX AUX MOLUQUES ET SES NOUVELLES ŒUVRES A MALAGA.

(Mai ir)4r>-janvier i548.)

Du mois de mai i546 au mois de juin i547, François ne cessa de travailler, dans la rég-ion des Moluques, allant et venant d'Amboïno à Ternate et aux îles du More*. Hentré à Malaca, au mois de juillet, il y déploya son zèle jusqu'au mois de décembre. Alors, il reprit le chemin de l'Inde et débarqua à Cochin, le 12 janvier i548. Là, il s'arrêta quelques jours pour expédier des lettres en Europe. Il y raconte ses œuvres jusqu'au 20 janvier.

Nous l'entendrons dire à Simon Rodriguez : « Je

I . « Les îles Malacas, dit le P. Sébastien Gonçalvez, sont au nombre de cinq, savoir : Ternate, Tidore, Moutei, Maquiem et Bacham. Maiuco est le nom collectif de ces lies. Elles sont à trois cents lieues environ à Test de Malaca, en vue les unes des autres, et occupent, réunies, un espace d'environ vingt-cinq lieues. Aucune n*a plus de six lieues de tour. Le vrai nom de rile de Ternate est Ga|>e : on l'appelle Ternate, du nom de sa ville principale. Ainsi, nie de Duco sVst appelée Tidore, parce i\ue sa ville principale s'appelle ainsi. Celui qui y gouverne a titre de roi. »

342 l'évangile a ceylan (1546-1547).

ne Sfiis rien des affaires de Tlnde. » Une ou deux" lettres de graves personnages fourniront au lecleur les nouvelles qui pouvaient le plus intéresser François.

L'Evêque de Goa avait écrit au Gouverneur Juan de Castro, le 28 décembre i546 :

Le Gardien des Frades qui sont à Ceylan est arrivé ici. Il a raconté la débâcle (desmancho) arrivée à Cande par la faulf des Portugais, qui ont laissé le Roi seul. Ce roi est déjà baptisé... Tout serait disposé pour la conversion du pays. Userait bon d'y envoyer, cette année, cinquante hommes pour b défense de ce Roi, et, dès que l'hiver sera passé, charçer Don Alvaro (de Castro, fils du Gouverneur) d'achever cette bellf œuvre. Ce serait glorifier Dieu et vous acquérir honneur d^ vaut les hommes...

L'Evéque veut être un de ceux qui iront baptiser ce peuple, etc. *.

Deux jours après, le 3o décembre, FEvéque ajoute :

J'ai reçu une lettre du Père Fray Antonio Piquyno, qui est î\ Ceylan. Il dit : « Avant d'écrire à Votre Seigneurie, j'ai <( voulu m'assurer du christianisme du Roi de Cande ; je Tai « mis à l'épreuve et j'ai vu que tout y était fausseté. Dès (( qu'il s'est vu hors de la nécessité pour laquelle il se fait « chrétien, il a aussitôt dissimulé cette qualité; il ne croit pas

I . Le Gardien lui-niômc, Fray Simcon de Coïmbre, venait d'écrire (aô décembre) à Jean III, pour lui annoncer la conversion prochaine d'un Roi, (( qui s'appelle roi de Carnde, dans Ttle de Ceylan. » A sa lettre est jointe une lettre du Koi de Camde, qui demande secours et promet d'être ciirf* tien. (T. de T., corp. chron., P. ler, m. 78.)

l'évangile a CEYL.VN (1546«1547). 343

« en Dieu, il ne veut pas entendre parler de doiMrine, ni voir « la croix, ni en faire le sisî^ne; il ne veut nu^me pas que « d'autres se fassent chrétiens sur ses terres, sauf les escla- <c ves, etc. II fait ses paç^odes comme prtWdemment, etc. » (25 novembre i546. )

Je ne vous communique pas cette lettre de Fray Antonio potir vous refroidir dans Texéciition de vos bons desseins; c'est, au contraire, pour voiis animer. Souvenez-vous, en effet , que la conlradiclion accompaç^ne toujours les bonnes entreprises et qu'il faut se e^arder de les abandonner pour cela*...

Un mois plus tard, le i" février :

J'ai été bien désolé de la mort de Mi^y^uel Vaz. Je perds avec lui un g^rand soulaçemenl, car je lui avais remis en main toute mon autorité, vu que le fardeau dépassait mes forces et que je dois, l'année prochaine, m'en aller en PortUAçal; et voilA que Notre-Seiçneur le prend : comment et quand, je Tij^-norc : Dieu seul le sait. Ici, il court bien des faux témoiAÇuai^^eH ; je vous en rendrai compte lorsque Notre-Seiiifueur vous amènera où je suis, ou bien me mènera où vous êtes.

Maître Dioço, lui aussi, est mort. De grandes fièvre» Tont emporté après cinq jours. Il est mort, quinze jours après le vicaire jg^énéral, mercredi dernier (26 janvier^. Ce sont lA mystères divins. Nous sommes, et moi surtout, épouvantés des choses de ce monde.

Que Notre-Seififueur, pour de Ioniques années, içarde heureusement votre illustre personne'...

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