‹ Saint François de XavierChapitre 54 sur 84 · Vie de Jetm de Coêtro, pp · texte numérisé non relu

Vie de Jetm de Coêtro, pp

2. Le i4 février, le Doyen t\t la Seu écrit, de Gon, ao Ooirremeijf : « M<^ Diofifo est mort : on rlît qu'en Apprenant \n nr^urelfe de 1« mort de « Mii^el Vaz dann la niai<ion du I>>yen, il v^rtît atM^îtAf, en pooMant de « ii^nds cris et c^mîiSHemenU, et i\n\\ se mit au lit, rni la fi^re, en (\\in\t^.

A la fin de la même année, le 3o novembre, Cosme Anes écrivit aussi à Jean III : il parle au Roi d*au- Ires affaires, sans oublier de mentionner encore, après onze mois écoulés depuis leur mort, les deux zélés promoteurs de tout bien dans l'Inde :

Par la flotte de Tan passé, V. A. aura su la mort de Mijçuel Vaz, vicaire général. Après le départ de la flotte, on m'écrivit à Cochin que Maître Diogo aussi était mort : la peine qu'il eut de la mort de Miguel Vaz causa la sienne. Plaise à Dieu Notre-Seigneur que leurs âmes soient en sa sainte gloire : telles furent leurs œuvres, que l'on doit compter [)our eux sur cette récompense. Chrétiens et païens se sont montrés . vivement affectés de la mort de ces deux hommes vertueux : celle de Miguel Vaz surtout a été regrettée, car il n'en manquait pas qui avaient en lui tout leur secours et rfr* mède. Le bruit a couru que c'était l'Évêque qui l'avait fait empoisonner. Pauvre Évêque ! Lui qui est incapable de donner sujet à personne de tuer, pour son service, même une puce. Je pense moi que si, comme beaucoup l'affirment, Miguel Vaz est mort empoisonné, ce sont les brahmes qui lui ont fait administrer le poison. Ils savaient que Miguel Vaz était porteur d'ordres de V. A. pour les expulser de l'île de Goa.

Il serait bien bon que Maître François , en ce temps et ei^

<i jours, l'a tué. U n'est pas, ce semble, d'un bon chrétien de se laisser ain^^ « dominer par la douleur ; il fallait se soumettre à la volonté de Dieu. »

Ce ton trahit déjà, chez le Doyen, trop de facilité à se plier aux volontés quelconques des hommes : ce qui suit achève de démasquer le flatteur des puissants, contre lesquels Miguel Vaz et Diogo de Barbo soutinrent, jusqu'à la mort, les droits de Dieu :

« Le Père Me Diogo fut, toute sa vie, fort crédule, et il a donné des preii- « ves de la même faiblesse, à sa mort, en croyant à des choses qui n'avalenl « ni pieds ni tête. Pero Fernandez. »

tout autre, fût dans ce pays, à cause de sa jurande vertu et doctrine (por seu grande virtude e sufjiciencia). II est allé du côté de Maluco, et nous n'avons pas encore lettre de lui qui nous apprenne ce qu'il y a fait. Le pays est, dii-on, tellement disposé qu'il s'y peut opérer beaucoup de bien; mais ici, il se produit, chaque jour, des occasions de rendre à Dieu un grand service, et il y faut pour cela nécessairement un homme comme Maître François. Parce qu'il n'est pas ici, que de choses se passent sur les vaisseaux, qui ne s'y passeraient pas !

L'Évèque est très vertueux; c'est un bon prélat; mais, vu la condition de ces pays, il est lent et faible (remisso e /rouxo)y et, d'ailleurs, fût-il autre, il ne pourrait faire plus qu'il ne fait, parce que les Gouverneurs entendent être rois, non pour patienter, comme le Roi, mais pour exercer tous ses pouvoirs; et l'Évêque est si modeste (recueilli), qu'il n'ose leur parler, si ce n'est de ce qu'ils veulent ; et Maître Pedro, qui sert de vicaire général, emploie le temps de ses prédications en louanges du Gouverneur. Du contraire, il n'en a cure, et, dit-on, il se trouve bien de cette tactique, et fait réussir auprès du Gouverneur les affaires des chrétiens du pays et accueillir leurs pétitions. Plus cependant ferait Miguel Vaz, s'il vivait.

Pour suppléer à ces indigences et donner un Supérieur au collège de Sainte-Foi, il paraît fort nécessaire que Votre Altesse pourvoie la maison d'un religieux de l'Ordre de Jésus, s'il se peut, qui soit homme d'autorité et lettré, pour prêcher au collège, y avoir charge d'administrer la maison et gou-» veruer aussi les Pères qui, de là, s'en vont travailler au loin ; un homme qui puisse traiter avec le Gouverneur des affaires qui intéressent la conversion des Gentils dans ces contrées ; car, excepté Maître François, tous les autres Pères de l'Ordre de Jésus, qui sont venus ici, n'ont pas la capacité requise pour cela. Aussi sont-ils allés, donnant, çà ou là, de la tête, ou eau-

sanl déplaisir par certaines démarches; non pas qu'ils aient rien fait d'injuste, mais des choses à contretemps, comme certaines réquisitions auprès du Gouverneur, ou de tel Capitaine ou autre officier de Votre Altesse. Dans leur vie, rien a reprendre (em seus uidas nao he defeito) : tout y est bon zèle et vertu; mais Tardeur même du zèle qu'ils apportent ici les expose à se compromettre, faute d'un Supérieur aussi capable qu'il le faudrait. Sur une information qui leur vient, ils s'inçèrent en telle affaire, où ils sont mal reçus. Certes, la faute n'est pas imputable aux içens du pays : ce n'est pas avec , eux que les Pères ont besoin de prudence, de circonspection ; c'est avec les Portugais : ce sont eux qui troublent une »î bonne œuvre; eux qui mettent dans la tête des Pères lelî^ projets, dont l'exécution, qu'ils voudraient prompte, ne saurai* venir qu'avec le temps ; ce sont eux qui les font aller au Gouverneur, aux capitaines et venir de Comorin à Goa. Aussi, ^^ pour cela, et pour d'autres choses, ils ont grand besoin d'i» •^ Supérieur doté des qualités requises.

Le collège (Xotre-Seigneur en soit loué) grandit beaucou£f~*- Les jeunes gens qu'on y instruit se font très capables, et s^ '^ y avait des maîtres aptes à les pousser davantage, plusieurffr^î qui ont de vrais talents, deviendraient fort lettrés.

Gosme Anes donne au Roi Passurance que, sai^*' vaut ainsi éternellement tant d'âmes dans les Inde^^> Son Altesse y acquiert une grandeur bien supérieur*"**^ à celle d'Alexandre. Il poursuit :

Tous les jours. Pères et écoliers, après dîner, vont en pr cession du réfectoire aux ermitages qui sont au haut du ja-^^r-

din, et ils y font très particulières prières pour la Reine not ^re

dame, pour le Prince, pour les gouvernants de l'Inde. Cmms^^ un beau spectacle que de voir ainsi s'avancer pieusement It^

Pères d'abord, puis les plus «grands écoliers, qui son! dt^jA IS^rainmairiens , puis ceux qui apprenneut le psautier, puis d'autres plus jeunes ; et ainsi, bien ran^çés, deux i\ deux, ils arrivent à Termitaç^e, s'aç^enouillent et répondent aux prières qu'un des Périls récite; de là ils vont, dans le même ordre, A Fautre ermitaisi^e. Après quoi, ils se distribuent, par m^roupes, dans le jardin, soit sous les hauj^ars (alpendorad(is)y aux temps de grande chaleur ou de pluie; soit, en d'autres temps, sur les bancs des allées. Les croupes sont formés d'enfants d'une même nation; ils causent en leur lauj^ue, et quelcpiefois concertent sur ce qu'on leur a dit en classe, afin de ne pas l'oublier.

Il y a, au collèige, quatre grands garçons fort habiles ({ui prêchent aux chrétiens du pays. Un d'eux, de Tutuan, a un talent remarquable : il deviendra grand prédicateur. Il n'a ({ue treize ou quatorze ans, et déjà, en très bon portugais, il a composé des sermons, où il cite les autorités des Pères avec un tel à-propos, que le peuple à l'entendre se pAme, pleure de joie et loue Dieu.

Je m'étends sur ces détails, sachant bien que Votre Altesse trouve plaisir à les lire, parce que ce sont chowîs du service de Dieu.

Par une autre lettre, Cosme Anes recommande au P. Simon Rodriguez de solliciter des induljg^enceK pour le collecte, etc. *.

François ne tarda pas à savoir la mort de Mii^^uel Vaz, puisque dans la lettre qu'il ^crit k Jean III, huit

I. En un t^mptt où PrfJro M«HCiii^nhflH, ami ht vrui lîtt Itt iU»nÈ[mii(tÈii' lîr Jésus, devenu Vice-Hoi, fut juifc frffiii \ttn}T l#r% ïu\rr^i% tïr% \^rrr.% #1^ VSuiU'^ Cosme Anes demeurs, k leun y^rux, ami i'.u!tà\rturui d^vmj^, \jr. Vur^Hoi choisit un confesseur aiJIeun» que (Uitt% \sê rfMivm d** Im O/r/ff^ftirrii^ ; ('^/mnir Anes ^raitU le sien du rollêre, ^ iJ prv/rriit ^le rie ^>tê% Uti%%»rr Uê tim't%ftti fU peine, etc. {Chr^mic, IV, W' i ^27.;

b^ iiuvruà^ « 'VffiriUBt^ 'ik^ n ^'.oni^r hce SmifSw ci jjî «lè. à

fti^imaii*'. fi i^imiif»'^ p«»r --•.•trtif Flmàf- jif at^ w» Hwi iwilff brM. ^i^nii^ par !■»?* 43* *iïi «wi?. «fir ^ nt^ <fa?rw po» ivpn

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Fran^foîft donne, une fois de plus, à Jean in,(fe irravef^ ayertissements ; il les résumera plus loin, eo recotnntstndnnl à Simon Rodrisruez dVo seconder les Inma pffete.

Kn terminant, il remercie le Roi des mercedes dont il a honoré Pedro Gonçalez, vicaire de Cochin, ami et bienfaiteur des Pères de la Compagnie de Jénus.

Le même jour, 20 janvier, François, ëcrivanl aux P/res de Rome, leur expose les actes, déjà connus,

de son séjour de trois mois à Amboïno et de trois autres mois à Maluco. Il ajoute les détails suivants :

Tout le temps que je passai dans la ville de Maluco, je préchai, les dimanches et jours de fête, et je ne cessai guère de confesser. J'enseignais, chaque jour, la doctrine chrétienne aux enfants et aux nouveaux convertis. Les dimanches et fêtes, après dîner, pour ces derniers, instruction sur un des articles de foi du Credo. La prédication du matin était pour les Portugais. Il y avait sujet de rendre grâces à Dieu du bien quMl opérait dans les âmes; sa louange, du reste, était incessamment dans la bouche de ce peuple nouvellement appelé à la Foi : les garçons, sur les places de la ville; les filles et les femmes, jour et nuit, dans les maisons; les laboureurs dans les champs, les pécheurs dans leurs barques ne cessaient de chanter, au lieu de leurs chansons accoutumées, de pieux cantiques ; ils chantaient le Credo^ le Pater noster, VAue Maria, les Commandements^ les Œuvres de miséricordey le Confiteor, etc., et tout cela en leur langue, de sorte que tous, convertis et païens, les entendaient.

Dieu le voulant, en peu de temps, et auprès des Portugais, et auprès des naturels du pays, inveni magnani (jratiam CO" ram oculis eoriim.

Le P. Sébastien Gonçalvez raconte ainsi l'édifiante histoire d'un de ces nouveaux fils spirituels de François dans la région des Moluques :

Entre les enfants que Maître François catéchisa à Amboïno, et qui furent baptisés de sa main, s'en trouva un à qui il donna son nom de François. Il était de l'île de Ronceslao, qui fait partie du groupe des îles Amboïno. Après l'avoir baptisé, François lui dit : « Vous, mon fils, vous mourrez, le

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très saint nom de Jésus à la bouche. » Ces paroles furm très remarquées, et, à la rencontre de Francisco de Roncfslao, on disait : « Voilà celui qui doit mourir , le très saint uobi de Jésus à la bouche. »

Or, il advint que le Capitan d'Amboïno, Sancho de Vasco»cellos, ayant à réduire des voisins en rébellion contre 1» Portugais, adjoiîi^nit à sa troupe portugaise quelques chrétifi» plus intrépides des fies dWmboïno, et parmi eux se rencontra Francisco de Ronceslao. C'était en i588. L'engagement fut sanglant, et, les ennemis une fois repoussés, on s'occupa des blessés et des morts. Francisco, entre les blessés, allait rendre le dernier soupir, quand on arriva près de lui, et aussitôt, n'écoutant que leur pieuse curiosité, de nombreux chrptiens d'Amboïno entourèrent le mourant, en se disant les uns aux autres : « Voyons si ce que le saint Père François a annoncé s'accomplira » ; or, ils eurent la joie d'entendre Francisco de Ronceslao dire et redire, jusqu'à son dernier souffle, cette seule parole : « Jésus, aidez-moi ! » Et il mourut en la disant.

Je tiens ce fait du Père François Da Cunlia, recteur du collège Santa-Fé de Goa, à qui des témoins très sûrs l'avaient raconté.

L'histoire d'un autre fils spirituel de François, de ces mêmes régions, est plus belle encore. Gonçalvez raconte :

De 1058 à 15(52, les chrétiens d'Amboïno demeurèrent livrés à la tyrannie des Mores. Le Roi de Ternate, pour réduire les fidèles à Tapostasie, y donna autorité au très cruel capitaine Leliato ; ces îles comptaient, alors, plus de trente localités chrétiennes. Elles furent soutenues par un ancien disciple de François, I). Manoêl, seij8:neur de Alive. Le Père

FRANÇOIS A COCIIIN (JANVIKR 1548). 351

' Pedro Mascareiihas, envoyé à Amboïiio, quand les Porluiicais y furent redevenus maîtres, écrivait, en i562 :

« Le tyran avait fait cerner sur une montaçne, où ils s'étaient réfugiés, tous les habitants du bourg {villa) de Luilao ; on les pressait de se soumettre au roi de Ternate et d'abandonner la religion chrétienne, puisque déjà il n'y avait plus de Portugais pour les défendre. Ils répondirent : « Tant que D. Manoël vivra, nous serons bien éloignés de songer à lious rendre, ni à renier notre foi. » Ils ajoutaient : « Allez donc trouver D. Manoël et essayez de le vaincre I »

c( D. Manoël fut, lui aussi, tenté; on lui parla comme aux autres. Voici ce qu'il répondit : « Je suis un pauvre Amboïiiois sans instruction; je ne sais ce que c'est qu'être chrétien, et je ne saurais dire ce qu'est Dieu ; mais je sais une chose que le saint Père François m'a enseignée, qu'il est bon de mourir pour Jésus-Christ. A cette parole du Père je dois de n'être pas More; sans elle, je serais peut-être tombé comme d'autres; grâce à elle, j'ai le cœur tellement affermi, qu'il ne saurait accepter d'autre foi et d'autre loi que celles de Notre- Seigneur Jésus-Christ. »

c( Le pire ennemi de Manoël était un sien beau-frère, appelé Antoine, qui avait essayé, bien des fois, de lui donner la mort. Un jour, payés par lui, deux scélérats portugais avaient déjà dirigé vers la tête de Manoël le canon de lelirs armes A feu. Manoël leur demande un instant, et, enlaçant des deux bras une croix qui se trouvait là plantée, il dit aux assassins : « Le Père Maître François nous disait qu'un chrétien doit mourir sur la croix; faites feu maintenant! » La scélératesse des assassins fut vaincue, et, par respect pour la majesté de ta sainte Croix et le ncmi de son serviteur, ils abaissèrent leurs arquebuses. Manoël aida puissamment de son épée, de sa bourse et de sa parole au relèvement des Portugais à AmboTno,- »

A propos de ses travaux à l'île du More, François écrit :

Il n*y a, dans ces îles,, ni pain, ni vin, pas de troupeaux; c'est grande merveille d'y rencontrer quelques porcs; les sangliers abondent dans les montagnes. Les bonnes eaux manquent sur bien des points ; on récolte assez de riz, et des arbres fort communs, appelés cagueres, servent à faire une sorte de pain et de vin. D'autres arbres fournissent la matière des tissus dont les habitants s'habillent.

Tout ceci soit dit pour que vous sachiez que les îles de Maluco sont grandement fertiles en consolations spirituelles : tant de périls et travaux, librement embrassés pour le seul amour et service de Dieu Notre-Seigneur, ne peuvent qu'être sources inépuisables de joies spirituelles; .ces îles, à mon avis, semblent faites à souhait pour qu'un homme, en pei^ d'années, y perde les yeux, par la seule abondance de se^ larmes de sainte joie. Je ne me souviens pas d'avoir ét^ ailleurs tant et si continuellement consolé, ni d'avoir ailleurs si peu ressenti ce qui peine le corps : et cependant, on n'j marche qu'entouré d'ennemis ou d'amis peu sûrs; pas uin remède pour se défendre des maladies; pas une de ces chosiies dont le secours est nécessaire pour entretenir ou protég*^' la vie : ce« îles, en vérité, seraient bien mieux nommée* îles de l'espoir en Dieu {islas de esperar en Dios) qu'îles cJ^ More.

Il y a, dans ces îles, une race qu'on appelle les Javaro^' ils sont païens : tuer, le plus qu'ils peuvent, c'est en cela qu'if -^ mettent leur félicité. On dit que, bien souvent, ils tuent fem^^^ mes et enfants, quand ils ne trouvent pas mieux à tuer. Beaucoup de chrétiens périssent par leurs mains.

Viennent ici de longs détails sur les volcans des

FR.\Ni;OIS A COCHIN (JAXVIKR IM8^. ;C<^

îles de Maluco et sur les tremblements de lerrt^ et leurs eftets. Le saint dit, en terminant :

Un jour de Saint-Michel, tandis que jVlais A oiMi4>n*r la messe, la terre s*ébranla tellement, que jVus peur que Taulel ne tombât ; saint Michel, je pense, fit rentrer dans IViifer les démons qui troublaient ainsi le service divin.

François mentionne une de ses œuvres de Maluco, dont il ne parle pas ailleurs :

Durant les trois mois que je passai encore A Maluco, apn^s avoir visité les localités chrétiennes de ces îles, je pnVhai, tous les mercredis et vendredis, aux fenunes du pays épousées par des Portugais. Je leur parlai sur les articles de la Foi, les Commandements, la Confession et la (^ouununion. Nous étions en Carême, et ainsi, à Pdques, beaucoup de celleN «pii auparavant ne communiaient pas connnuniérent.

Grâces à l'aide de Dieu Notre-Sei^iuMir, il se fil un nçrand bien à Maluco, et parmi les Portuy^ais, leurs femmes et enfants, et aussi parmi les chrétiens du pays.

Le Carême fini, je partis de Maluco, me diritçeant vers Malaca, bien accompagné de Taniour de tous, chrétiens el infidèles. En chemin, tout travail ne me manqua |)oinl ; proche de certaines fies, je rencontrai quatre vaisseaux el je passai A terre, avec Téquipa^'e, de quinze à viniçl jours. Je leur prêchai trois fois; jVn confessai un s^rand nombre el mis la paix entre plusieurs.

Au départ de Maluco, j'avais voidu éviler les pleurs el lamentations de mes amis, dévols el dévoles; je m'embarquai donc vers le milieu de la nuil ; mais la préraulirui fut vaine : je ne pus échapper aux adieux : il v eut cela d'iilile que je compris mieux le lort que mon éloitrnerneril pouvait fair#' à

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ces âmes. Je rég"lai donc, avant de partir, que, tous les jounu on continuerait d'enseigner ia doctrine chrétienne dans «ne église, ainsi qu'un l)ref commentaire des articles de la Foi, que j'écrivis. Un prêtre, mon ami, devait employer deux heures par jour à l'instruction des nouveaux chrétiens, et, uw fois la semaine, prêcher aux femmes des Portugais sur les articles de la Foi et sur la Confession et la Communion. Je réglai aussi, étant à Maluco, que tous les soirs, la nuit venue. on recommandât, par les places, aux prières du peuple, les ^ âmes du Purgatoire et ceux qui vivent en péché mortel. Les bons y trouvaient impression pieuse et encouragement à la persévérance; c'était, pour les mauvais, un principe de salutaire crainte. On choisit un homme de la ville qui, tous les soirs, allât, avec lanterne et clochette et en habit de c^mfrère de la Miséric<)rde, par les rues et les places ; s'arrétant |)ar intervalles, il criait qire Ton eût à prier pour les âmes des défunts et pour les âmes ([ui persévèrent dans le péché mortel sans en vouloir sortir ; âmes infortunées , desquelles on peut bien dire : deleanUir de libro viventium , et cum j astis non scribantur.

Le Roi de Maluco est More : il s*honore fort d'être vassal du Roi de Portugal et ne le nomme que le Roi de Portugal^ mon seigneur. Il parle fort bien le portugais. S'il ne se fait pas chrétien, ce n'est pas qu'il soit dévot à Mahomet ; le vice de la chair le retient captif... Ce pauvre Roi me témoignait tant d'amitié, que les Mores de la Cour, [)rincipaux personnages, s'en offensaient. Il voulait que je fusse son ami, me donnant assurance qu'avec le temps il se ferait chrétien. II me priait de l'aimer, malgré sa tache de More : « Chrétiens el Mores, disait-il, nous avons un même Dieu; viendra un temps où nous serons unis. » Il avait grande joie de mes visites, mais je ne pus jamais le déterminer à être chrétien ; il me pn>mettait de faire chrétien un de ses nombreux enfants, avec

pacte exprès que celui-là régnerait après lui sur les îles du More'...

François rappelle Tordre qu'il avait donné, en i546, aux nouveaux venus de Porlug'al de s'embarquer, Tannée suivante, pour aller à Maluco. Il poursuit :

Des Indes s^Mnbarquèrent pour Malaca les Pères Juan de Bèira et Nuno Ribeiro, avec le Frère Nicolas Nunez. Ce fut pour moi une jurande consolation de les y trouver, en revenant de Maluco; je vis, durant le mois que nous passâmes ensemble, qu'ils étaient serviteurs de Dieu et qu'ils rendraient , en effet, à Maluco, çrand service à Dieu Notre-Seigneur. Ils partirent de Malaca, au mois d'aoïU iS^y. La traversée est de deux mois; je leur avais, durant les jours que nous Wmes réunis, donné tous les renseiîçnements voulus sur le pays, la direction, les avis que me suççérait rexpérience.

Ils sont si éloiçnés de l'Inde, qu'on ne peut avoir nouvelles d'eux qu'une fois l'an : je leur ai fort recommandé d'écrire ainsi, tous les ans, de long'ues lettres pour Home, dans lesquelles ils exposeront, par le menu, tout ce qu'ils font pour le service de Dieu et l'état des esprits dans le pays : il fut convenu qu'ils n'y manqueraient pas.

A Malaca, je restai quatre mois, attendant de pouvoir m'embarquer pour l'Inde... Les dimanches et fêtes, je prêchais deux fois : le matin, pendant la messe, aux Portugais, et, après dîner, aux chrétiens du pays. Il venait tani de monde,

I, Nous négligerons, ici, Thistoirc ou la légende ilc Li conversion d'Isiibel, fille d'Almonsor, Hoi de Tidore, et femme, avec (itre de Reine, de Boleife, Hoi de Ternate. — Gonyalvez (ch. vi, fon ior)-iii) dit tout ce que Ton a pu savoir ou conjecturer, au sujet de la part <|ue François aurait eue dans cet événement.

(|iril fallut se réunir dans la plus grande église de la \iUe. Je confessais sans relâche, et cependant je ne pus suffire à l'onvrage. Plusieurs, à ce propos, m'en voulaient; mais de IcUes inimitiés n'étaient pas pour me scandaliser : je m*en édifiais; elles procédaient, en effet, de Tliorreur que l*on avait codçqc de péchés auxquels on voulait sincèrement renoncer. Les dimanches et fêtes, un très grand nombre communiaient. Tous les jours, dans Taprès-dfnée, il y avait foule, à la doctrine chrétienne : les fils et les filles des Portugais, les uouveaui convertis, hommes et femmes, s'y rendaient ; et, à mon a\is, ce qui les attirait davantage, c'est que je ne manquais pas d'expliquer, chaque fois, quelque passage du Credo.

Je fus, en ce même temps, fort occupé à ménager des réconciliations : les Portugais de l'Inde sont très brouillons'.

A propos de la doctrine chrétienne qu'il enseignait aux enfants de Malaca, François dorfne le détail d'une méthode d'enseig-nement des articles de la Foi, analogue à celle qu'il pratiquait à Gomorin, et il ajoute :

Je recommandai à un prêtre de Malaca d'enseigner ainsi, chaque jour, la doctrine chrétienne. Il me le promit, et j'espère de Dieu Notre-Seigneur qu'il le fera.

I. François, ni clans sa présente lettre ni ailleurs, ne parle de la miraculeuse délivrance de Malaca, menacé par le roi de Achem; délivrance à la- ({uelle le Saint eut jçrande part. Le récit de cet événement se trouve, fort détaillé, aux î^^ 262-272 des récits de Fernand-Mendez Pinte. Le conteur fui témoin oculaire et un des acteurs. Le rôle de François est mis en belle évidence. Tout cela est-il vraiment historique, nous Tifl^orons. La chronolo|pe n'a pas toute l'exactitude désirable. L'événement, d'après Pinto, se déioula du mercredi 9 octobre au dimanche G décembre 1647; roais, en 1647, ^ 9 octobre était un dimanche, et le 6 décembre un mardi. Plus loin, on trouvera un récit inattaquable du même fait.

FRANÇOIS A COCHIN (JANVIKR 1548). IVu

Quand je fus près de partir, les principaux habitants de Malaca me demandèrent que deux de la Compav^nie vinssent, selon ma méthode, leur prêcher, et à leurs femmes, et aux chrétiens du pays, et enseiçner de même la doctrine chrétienne à leurs enfants et à leurs esclaves. Ils m'ont tellement importuné à ce sujet, il est d'ailleurs si évident que le service de Dieu en sera auji^menté, les habitants de Malaca ont si bien mérité de nous, ils aiment tant la Compagnie de Jésus, que je me crois obligé de faire tout le possible, afin qu'au mois d'avril i548, deux de la Compagnie leur viennent avec les vaisseaux qui vont alors de Goa à Malaca.

Étant à Malaca, j'appris de grandes nouvelles par quelques marchands portugais, hommes très dignes de foi. Ils me parlèrent de certaines grandes îles, découvertes il y a peu de temps : on les appelle les fies de Japon. Notre sainte Foi, disent-ils, s'y propagerait mieux qu'en aucune autre partie de l'Inde, parce que les Japonais sont fort désireux de s'instruire; ce qui manque à nos Gentils de l'Inde. Avec ces marchands est venu ici un Japonais, appelé Angero, qui était à ma recherche; de sorte que ces marchands lui parlèrent de moi. Angero venait avec le désir de se confesser à moi, parce que, ayant fait part aux Portugais de certains péchés de sa jeunesse, et leur demandant comment il pourrait obtenir de Dieu le pardon de péchés si graves, les Portugais lui conseillèrent de venir avec eux à Malaca, où il me trouverait, et ainsi il fit; mais, quand il arriva à Malaca, j'étais parti pour Maluco; de sorte qu'il se rembarqua pour retourner au Japon. Quand il fut en vue de ces fies, une tempête, où ils faillirent périr, l'en éloigna : il reprit donc le chemin de Malaca et il m'y trouva. Sa joie fut grande, et depuis, il vint et revint à moi avec ardent désir de s'instruire. Comme il parle assez bien le portugais, nous pûmes comprendre, moi ce qu'il me demandait, et lui les réponses que je lui faisais. Si tous les Japonais

sont aussi curieux d'apprendre que Test Anie^ero, c'est, de toutes les nations nouvellement dt^couvertes, la plus curieuse. Quand Ançero assistait aux instructions que je faisais sur la doctrine chrétienne, il les résumait par écrit. Il allait souvenf prier, à l'église ; il m'adressait force questions; il a vif désir de savoir, et un homme ainsi disposé ne peut qu'avancer chsiqiie jour, et arriver en peu de temps à la connaissance de la yérité^ Huit jours après sa venue à Malaca, je partis pour l'Index, J'aurais été heureux de l'amener avec moi; mais les Portu« gais, avec qui il était en relations, allant eux aussi aux Indes, il ne lui parut pas bien de laisser leur compagnie, après avoir reçu d'eux tant de marques d'estime et d'amitié. J'espère le voir arriver à Cochin, d'ici à dix jours.

Je demandai à Angero : a Si j'allais dans votre pays, les Japonais se feraient-ils chrétiens? » Il me répondit : « Ils ne se feraient pas chrétiens tout de suite; ils vous adresseraient d'abord beaucoup de questions, ils considéreraient vos réponses et ce que vous prétendez. Ils observeraient par-dessus tout si votre vie est conforme à vos paroles ; mais si vous faites ces deux choses, savoir : bien exposer la doctrine, avec réponses à leurs questions, et vivre de telle sorte qu'on ne trouve rien à reprendre dans votre conduite, expérience ainsi faite, le Roi, les nobles, les gens éclairés se feraient chrétiens; six mois y suffiraient, car c'est un peuple qui ne se régit et détermine que par raison. »

lin marchand portugais, mon ami, a longtemps vécu dans la province même d'Angero ; je le priai de me donner, par écrit, des renseignements sur sa contrée et sur ses habitants, d'après ce qu'il avait lui-même vu et entendu et ce que d'autres, dignes de foi, lui auraient appris. Il m'a fourni ce mémoire : je vous l'envoie avec ma présente lettre. Tous les marchands portugais qui sont allés au Japon me disent que si j'y vais, il s'y fera plus, pour le service de Dieu Notre-Sei-

çneur, qu'avec les Geiilils de Tlnde, les Japonais étant un peuple de s^rand sens (de miicha rason).

Ce que je sens en mon âme nie donne à penser que moi ou un autre de la Compagnie irons au Japon, avant deux ans, bien que le voyas^e soit plein de périls. Il y a, dans ces paraisses, de redoutables tempêtes, et les pirates chinois y exercent leur métier de larrons : bien des vaisseaux se perdent. Priez donc Notre-Seigneur, très cliers Pères et Frères, pour ceux qui iront vers le Japon, car un çrand nombre de navijçateurs y vont et n'en reviennent pas.

En attendant, Ans^ero apprendra mieux le portuc^ais; il verra Tlnde et les Portugais qui y vivent, les industries ou arts de l'Europe, notre genre de vie; on l'instruira, et nous traduirons toute la doctrine chrétienne en langue japonaise, ainsi que l'explication des articles du Credo. Nous y ajouterons un exposé historique un peu étendu de l'avènement de Jésus-Christ Notre-Seigneur. Angero sait très bien écrire en caractères japonais.

11 y a huit jours que je suis dans l'Inde, mais je n*ai pu voir encore les Pères de la Compagnie ; je ne vous parle donc ni de leurs personnes ni de leurs œuvres ; eux, je pense, vous écrivent par les vaisseaux qui retournent en Portugal.

De Malaca ici, nous avons couru de grands dangers; jamais encore je ne vis tempête égale à celle où nous nous sommes trouvés, durant trois jours et trois nuits. Combien, encore vivants, pleuraient leur mort et juraient de ne jamais plus aller par mer, si Dieu Xotre-Seigneur les délivrait! Pour sauver les vies, on jeta à la mer tout ce (pii s'y pouvait jeter. Au plus fort de la tourmente, je me recommandai à Dieu Notre-Seigneur, prenant pour mes protecteurs en sa présence ceux qui, sur la terre, sont de la bénie Compagnie de Jésus et tous ceux que la dévotion lui tient affectionnés. Ainsi patronné, je m'unissais aux très ferventes oraisons de l'Epouse

(lo Jésus-Chrisl, la sainte Mère tjçlise, aux prières de laquA sur la lerre sou divin Époux, dans le ciel, ne cesse de prrier Toreille. Je ne manquai pas de me couvrir aussi du patronat (les saints qui vivent dans la çloire du Paradis; et d'aburd. de ceux qui furent de la sainte Compagnie de Jésus. Ici.lt premier patrona^^^e auquel je recourus fut celui de ràmebieolieureuse du Père Le Fèvre, et puis des autres qui, vivanlîK étaient de la Compa)Ljrnie.

Je ne saurais jamais écrire les consolations que je reçus, tandis que je me recommandais ainsi à Dieu Notre-Seiçnenr, par Tentremise des membres de la Compaj^nie^ soit de ceux qui vivent sur la terre, soit de ceux qui rèçnent au ciel.

Je me confiais encore, dans ces i^rands périls, à la s^rdf de tous les saints anges, montant d'un chœur à l'autre pour les invoquer tous; j'implorais conjointement rintercessioo des Patriarches, des Prophètes, des Apôtres, des Evan^ listes, des Martyrs, des Confesseurs, des Vierges et de tous les saints.

Pour m'assurer davantage le pardon de mes innombrables péchés, je sollicitais l'intervention de la glorieuse Vierge Notre- Dame, à qui Dieu Notre-Seigneur, au ciel où Elle est, accorde tout ce qu'Elle lui demande. Enfin, j'appuyais toute mon esf»érance sur les infinis mérites de la mort et Passion de Jésus- Christ, notre Rédempteur et Seigneur.

Ainsi enveloppé de tant de protecteurs, je goûtai, au milieu de la tempête, une consolation plus vive, je crois, que celle qui suivit notre délivrance. Qu'un très grand pécheur, en de telles détresses, pleure de joie, c'est pour moi, quand le souvenir m'en revient, un sujet de confusion profonde. La même impression de grâce me faisait dire à Dieu que, s'il me délivrait de cette tempête, ce fût seulement pour me faire entrer en d'aussi grandes, en de plus grandes, où je dusse mieux le servir.

Bien des fois, dans l'intime de l'âme, Dieu Xotre-Seijjj^neur m'a fait entendre de combien de périls et de maux corporels et spirituels il m'a préservé, çràce aux pieux et continus sacrifices et oraisons de tous ceux qui militent encore dans la bénie Compagnie de Jésus, et de ceux qui, après avoir milité, vivants, dans la même Compagnie, sont maintenant dans la g^Ioire et en grand triomphe. Ce compte de mes obligations à votre endroit, je vous le rends, mes Pères et Frères bien-aimés, afin que tous vous m'aidiez à payer une dette que, seul, je ne saurais payer ni à Dieu, ni à vous. Quand j'ai commencé de parler de la sainte Compagnie de Jésus, je ne sais plus sortir de ce délicieux entretien, ni achever d'écrire ; mais le départ des vaisseaux est là qui presse : je me vois forcé d'achever, sans vouloir la fin ni être à la fin.

Je ne sais comment mieux finir d'écrire, qu'en faisant à tous ceux de la Compagnie cette protestation ; si oblitus nri" quamfuero Societatis Nominis Jesii, oblivioni deUir dexiera mea. Je sais, en effet, par tant de voies, combien je dois à tous ceux qui sont d'Elle. Dieu Notre-Seigneur m'a fait, par vos mérites, la grâce de connaître, dans la mesure de ma pauvre capacité, ce que je dois à la sainte Compagnie. Je ne dis pas totalement connaître : il n'y a en moi ni la vertu ni l'intelligence qu'il faudrait, pour que ma vue mesurât l'ampleur d'une telle dette ; mais j'aurais, ce me semble, â me reprocher d'être ingrat envers la Miséricorde de Dieu Notre-Seigneur, si je ne disais : « Je sais ma dette, bien que fort peu. »

Je finis donc, priant Dieu Notre-Seigneur qu'après nous avoir, durant cette si misérable vie, ainsi unis de caMir dans sa sainte Compagnie, sa miséricorde nous réunisse, au ciel, dans sa même Compagnie glorifiée, puisque, pour son amour, nous aurons vécu si séfiarés les uns fies autres sur la terre.

Voulez-vous savoir quelli- est notre séparation corporelle? Vous allez en juger. Si, en vertii de la sainte obéissance, vous

demandez, de Rome^ un renseignement à ceux qui sonr à Mahico, à ceux qui seront au Japon, vous ne pouvez avoir en main la réponse qu'après, au moins, trois ans et neuf mois. En voici la preuve : Quand vous nous écrivez de Rome, huit mois s'écoulent avant que vos lettres arrivent dans l'Inde. De la réception de ces lettres au départ des vaisseaux pour Maluco, autres huit mois d'attente ; de Goa à Maluco et de Maluco à Goa, si la mer est bonne, viniçt et un mois ; et enfin, autres huit mois pour que les lettres passent de l'Inde à Rome, Encore faut-il, je le redis, que l'on ait beau temps, car une tempête, un moindre contre-temps suffisent pour prolonger, d'une année et plus, le voyag^e.

De Cochin, 20 janvier i548.

Minimns serons servornni Soeielnlis nominis Jesu,

Franciscus\

François écrit enfin, le même jour, à Simon Rodriguez :

La çrâce et l'amour de Jésus-Christ Notre-Sei$cneur, etc.

Pour l'amour de Dieu Notre-Seig;neur, mon frère, Maître Simon, travaillez à nous envoyer quelques prédicateurs de notre Compagnie, car on a ^yj-rand besoin d'eux dans l'Inde.

De tous les Pères que vous avez envoyés, je n'ai vii que Juan de Beira, le Père Ribero et le Frère Nicolas, qui sont à Maluco, et Adam Francisco, que je trouvai à Cochin ; mais, je vous le recommande fort, pour l'amour et service de Dieu

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