Ajtidn, ins. Lettres (tes Indes
croyaient déjà mort : nous l'apprenons du Père Gaspard Barzée, qui écrit aux Pères de Portugal, le i3 décembre :
Tout à coup, le bruit courut que le Père Maître François était mort, et chacun disait comment, à sa manière. Ses amis les plus dévoués en furent tristes au delà de toute expression : « Quand il nous en coûterait, disaient-ils, trente mille cruzados, nous le ferons canoniser; » et ils racontaient des miracles, de très grands miracles qu'il fit, vivant en ce pavs : je ne vous les raconte pas, parce qu'il ne nous convient pas de parler de ces choses, si ce n'est à Dieu, pour lui en rendre çrâces. Certes, nous sentirions bien, nous, le vide que ferait dans ces contrées la mort du Père François ; mais nous ne laissons pas, pour cela, d'aller notre chemin.
Dieu n'a cependant pas tardé à nous rassurer et consoler par la venue du Père Cypriano et de Manoel de Moraes, arrivant du cap Comorin, où le Père François se trouvait, en paix et bonne santé. Peu après, il arriva lui-même ici, et puis s'embarqua pour Cochin. Nous l'attendons encore, fin février, parce que nous savons certainement qu'il doit aller ail Japon, pays dont les habitants sont tellement disposés, qu'il y a espérance de leur faire beaucoup de bien *.
Le cœur de François était, en effet, tourné vers le Japon : il ne se consolait pas de voir Ceylan, que les fils de saint François étaient près d'avoir conquis à Jésus-Christ, redevenir la proie de Satan, par la faute de g-ouvernants chrétiens; il n'espérait rien de bon de ces hommes, et le bien qui se faisait, sa grrande âme le comptait pour peu de chose, auprès