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Si le P. Roch Menchaca, à la fin du siècle dernier, avait eu sous la main tous ces matériaux, nous n'aurions probablement pas à attendre les œuvres, les écrits originaux de saint François de Xavier; car les deux volumes que nous devons au P. Manchaca prouvent qu'il possédait, au plus haut degré, toutes les qualités requises pour exécuter ce travail en perfection ^
Il est encore à faire, et, sans doute, le maître à
1. s. Fraiicisci Xavorii <» Sor. J<»su, Iiuliiiriini a|)()sl(»li, cpistohirnin oniiiinni libri quatuor, ex Prtro Maft'cio, lloralio Tm-^clliiio, Prtvn Possino ri l*'rani*is<*o (aitillas... — BoiHiiiia', i7<)'>.
XXViij AVA>T-I*ROPOS.
qui l'exécution en sera confiée, la supériorité même de ses dons et qualités l'inclinera à tirer profit des moindres lumières d'autrui. Pour lui donc, — et tout lecteur sérieux s'y intéressera, — nous noterons deux ou trois points qui, au cours de nos recherches, nous ont paru bons à considérer.
Le Père Menchaca, quelles que fussent ses érainentes qualités de critique, ne put élever un très solide édifice : les matériaux meilleurs lui manquaient, pour les neuf dixièmes de la construction. Il interroge les Pères Torsellini, Poussines, Outillas, et leur demande des textes bien conformes aux lettres originales de François de Xavier. Le Père Torsellini lui fournit des traductions latines, irréprochables quelquefois, mais, d'autres fois aussi, ce nous semble, abrégées, ou faites de pièces rapportées ou transposées ; — le Père Poussines lui donne des traductions où le fond des lettres de François se peut retrouver, où ce fond existe, mais quasi toujours un peu embelli de paraphrases ou d'élégances d'expression. Quant au Père Outillas, il reproduit, çà et là, en castillan, quelques vrais textes de François \ non pas cependant sans les retoucher un peu, croyons-nous * ; mais, le plus souvent, il traduit
1. Vuir, par exemple, sou lexU* de la Ictliv ilii Saiul à Ignace (29 janvier i552), dont la |)remière pat^e aiiloiçraphc se trouve rcj)ro(luilc en photOjH^ravurc, d'après le livre du P. I.ouis Delplaee, à la pasce /jv-H de notre S. Fi'iinvnis lin Xttrirr. Dnrum. nnnr. (i"*»' série.)
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AVANT-PROPOS. XX ix
OU Torsellini, ou d'autres, — et, alors même, de bonne foi, il embellit. Notons, de plus, qu'avec la chronologie, le Père Outillas se donne des libertés qui surprennent.
Il est intéressant d'accompagner le Père Menchaca dans son labeur de critique^ : il épuise d'admirables ressources à concilier les trois éditeurs ; à discerner (là où deux, là où les trois se rencontrent pour une même lettre) lequel des deux ou des trois aurait mieux dit, ou ce qu'il faudrait emprunter à l'un pour compléter l'autre, etc.
Espérons que l'éditeur définitif des lettres de François n'engagera pas ses lecteurs dans les broussailles de discussions pareilles, et qu'il leur épargnera aussi le brouillard, le nuage des variantes. Le meilleur texte une fois déterminé, il n'y a, ce nous semble, qu'à laisser là où elles s'introduisirent ces prétendues variantes. Les agréer, au titre de variantes, c'est leur donner quelque autorité, et, avant longtemps, toutes ces variantes, pour peu qu'elles aient bon visage, un biographe du Saint, un traducteur de ses lettres les aura fait monter, du bas des pages, dans le texte : fort peu de biographes, en effet, résistent à la tentation d'embellir leurs récits, quand ils peuvent le faire sans inventer. Voilà plus de trois cent cinquante ans, que