‹ Saint François de XavierChapitre 8 sur 84 · Missôes, pp. 2()-3r · texte numérisé non relu

Missôes, pp. 2()-3r

'^. Carton de San Franrisnn Javt'pr... por el l^adre Francisco CuiUlas^ S. J. — Édit. (1p Barcelone, 1884, pp. 7'>-78. — (it*. Menchaca , I. pp. 178-181.

AVANT-PROIMKS. XXXJ

il n'y pas de salutation finale, et la lettre commence sans autre préambule que le Gratta et charitas^ etc., accoutumé. La copie de Lisbonne n^a même pas ce préambule, et elle se termine ainsi : « Vester minimus filius, Moffister Franciscus. »

La lettre avait-elle un préambule î — Nous l'ignorons ; peut-être, en tête ou au revers, François avait-il simplement écrit : Pour le Père Ignace ; — mais il est difficile de croire que le Père Outillas n'ait pas substitué à la formule finale : Vester minimus filius, celle-ci : — Hijo menor, en destierro mayor^ — et au simple te de la traduction de Torsellini, un F" Santa Caridad. Cette expression, si notable, le Père Outillas, dans cette même lettre, la reproduit, douze fois : elle n'est pas, même une fois, dans la traduction latine de Rome et dans la copie castillane de Lisbonne.

Des soixante-onze lettres de François que renferme le livre du Père Outillas, douze sont adressées à saint Ignace : le Père Outillas date la première du 31 mars 1540, et la dernière du 7 avril 1552. Dans toutes ces lettres, François, parlant à saint Ignace, ne lui dit que : F^ Santa Caridad; en somme, dans les douze lettres, cette appellation revient plus de cent trente-cinq fois. Quant à la conclusion : Hijo menor en destierro mayor^ neuf lettres sur douze en sont ornées , savoir, toutes celles que, dans le livre du Père Outillas, François adresse, des Indes, à saint Ignace.

XXXij AVANT-PROPOS.

Le Père Outillas aurait-il rencontré d'anciennes reproductions des lettres de François de Xavier, manuscrites ou imprimées, ainsi riches de cette appellation et de cette conclusion? Nous rignorons^ 5 sûrement, il n'est pas admissible que Tappellation et la conclusion aient figuré dans autant de lettres originales du Saint.

L'appellation V^ Santa Charydad^ François la redit plus de dix fois dans sa lettre à saint Ignace du 29 janvier 1552; mais c'est une lettre d'effusion de cœur; François Técrit en pleurant. Du reste, le Père Poussines, traduisant cette lettre, y redit, comme François, au moins à dix reprises : tua sancta charitas : pourquoi le Père Poussines aurait-il omis de le faire ailleurs; par exemple, dans la lettre du 31 mars 1540, où le Père Outillas fait redire, sept fois, à François de Xavier : F"* Santa Caridad^ alors que ces mots ne se trouvent pas, une seule fois, dans la traduction du Père Poussines, seul texte que, selon toutes les apparences, le Père Outillas ait eu sous les yeux? Encore est-il certain que l'autographe ne pouvait guère renfermer ces mots, car François n'adressait pas cette lettre au seul Père Ignace : sur la foi du Père Poussines, le Père Outillas jugea que la lettre

I. ("ost sur la foi (run vieil imprimé de la lellre de Kran(;;>i.s du 2O juillet iH/jo, (jue uous avons nons-mème, après avoir résumé le fond de la lettre, donné la conclusion qui s'y trouve : « De voire sainte charité le fils minime en Jésus-ChrisI, François. » (Présent volume, paÉ(. 171); mais nous doutons qu'elle soit dans Torisfinal.

AVANT-PROPOS. XXXiij

n'était que pour Igaace, — et il fit parler Ppançois, comme il le fait toujours parler \

La conclusion : Hijo menor en destierro mayor^ elle est le dernier mot de la lettre du 29 janvier 1552 : on ne la trouvera guère ailleurs, à moins que ce ne soit dans quelque duplicata ou complément de cette même lettre \

A Dieu ne plaise que nous pensions à blâmer le Père Outillas : nous admirons sa piété et son zèle; — mais réditeur attendu des lettres de François de Xavier fera bien, croyons-nous, de négliger souvent les variantes du Père Outillas, qu'elles soient de fond ou de forme j et de même, ses variantes de chronologie : — des douzA lettres à saint Ignace, pour ne point parler des autres, la plupart ont, dans son livre, des dates peu justifiables. Une variante n'est prudemment signalée que lorsque le vrai texte est incertain et que la variante peut être soutenue ou se défendre. O'est ce que nous voulions conclure, à propos d'un détail. Quel biographe de François, quel traducteur de ses lettres ne se croirait autorisé à émailler de V"^ Santa Caridad et

i. VoirMenchaca, Prolegom. paep. liv. — Le PcreCutil las, après avoir lu Tadmirable lettre du 29 janvier 1552, dut se persuader «pie le V^ Snntn Caridad était fornude usuelle de hYançois, timidement dissimulée par les Hls de saint lîçnace, prenïiers éditeurs des lettres de l'Apôtre des Indes. Dans cette lettre même du 29 janvier, le Père (outillas ramène la V^'f^ Santa Caridad^ dix-huit fois.

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