‹ Saint François XavierChapitre 102 sur 820 · Mon. Xav.y^. ikl · texte numérisé non relu

Mon. Xav.y^. ikl

La flotte des Indes comptait cette année-là cinq vaisseaux. Les trois missionnaires montèrent sur la capitane le Santiago, qui emmenait aux Indes un nouveau gouverneur général, don Martin Alphonse de Sousa*. Ces navires appartenaient au type des caraques, gros bâtiments de transport, lourds et courts, mauvais manœuvriers, résistant mal au mauvais temps. Il s'en perdait un sur dix^.

Lorsque tout marchait à souhait, la flotte sortait du Tage dans le courant de mars. Vers la Saint-Jacques de juillet, elle doublait le cap de Bonne-Espérance, et peu après relâchait à Mozambique. Elle pouvait être à Goa vers la fin d'août. La traversée avait duré de cinq à six mois. Si l'on hésitait à s'aventurer dans le canal de Mozambique, on tirait droit aux Indes par le large de Madagascar, et l'on abordait à Cochin en octobre ou novembre, avec un retard de deux mois, sans avoir touché terre une seule fois depuis Lisbonne. Si le départ n'avait lieu qu'en avril, il fallait se résigner à une traversée pénible, à un. hivernage dans l'île de Mozambique et à un voyage d'un an et plus. Ce fut le cas en 15413.

La flotte avait appareillé le 7 avril, et mis le cap sur Madère. Tout de suite, les souff'rances physiques commencèrent. On était dans la a mer des cavales ». Les grandes vagues bondissantes donnaient l'idée d'immenses troupeaux de poulains lâchés à travers champs^. Bien peu échappaient au mal de mer, et l'on imagine ce que devenait le tillac et les entreponts encombrés par des centaines de passagers.

La plupart, pauvres gens, étaient partis insouciants, comme pour une promenade au delà du Tage, « ayant pour tout bagage, une chemise, deux pains et une boîte de colignac^ ». Le roi ne faisait-il pas les frais de la nourriture ? Population bigarrée : équipage portugais et nègre, gros et petits marchands, soldats et fidalgos allant faire fortune, gens de sac et

1. Do GouTO, Dec. V, 1. VIII, ch. i; Gorrea, Lendas, t. IV,p. 111. Louis de Souza, Annaes de el rei Joào III, Lisboa, 1844, in 4o, p. 320. — Sur le San Pedro se trouvait don Alvaro de Ataïde, fils du grand amirante Vasco de Gama. Nous le retrouverons k Malacca, aux derniers chapitres de cet histoire.

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