‹ Saint François XavierChapitre 109 sur 820 · Sel. Ind. £■/>., p · texte numérisé non relu

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Les forces humaines ont une limite. A son tour, Xavier fut pris de la fièvre et il terminait ainsi sa lettre du P"^ janvier 1542 : « Je voudrais vous écrire plus longuement, mon mal ne me le permet pas pour l'instant. Aujourd'hui l'on m'a saigné, c'est la septième fois; je me sens peu dispos. Dieu soit loué^»

Au procès de béatification, 1556, un témoin, désigné sous le titre de « Maître Jean », contait :

« Le Père fut pris de la fièvre. Je le priai d'interrompre son travail. Il était malade. Qu'il se guérit d'abord, il trouverait bien, par la suite, l'occasion de se dévouer. Le Père me répondit que, cette nuit-là, il lui fallait rester jusqu'au jour avec un certain « frère » en grand péril d'âme et de corps. Après cela, il interromprait son travail. Or ce « frère » élaitun matelot, en délire depuis quelques jours. Le lendemain matin, visitant les malades de l'hôpital, j'allai voiraussi le Père qui logeait dans unecase; j'y trouvai ledit matelot couché sur le lit du Père, un lit, s'il m'en souvient bien, fait de cordes, avec une petite couverture déchirée, un oreiller et rien autre. Quant au Père, il était assis près du lit sur un aftùt de petite bombarde ; rien sous lui. Il causait avec le matelot, sorti du délire, et qui, aussitôt déposé sur le lit du Père François, avait immédiatement repris l'usage de la raison, et s'était confessé. On le communia et il mourut le soir. Ledit Père François était radieux^. »

Enfin, il consentait à se traiter en malade : mais il tenait à être soigné à l'hôpital. «Le trouvant là, mêlé aux autres infirmes, disait le Docteur Maître Cosme Saraiva,jele pris dans ma maison... Le mal était grave, dangereux. Je dus le saigner neuf fois. Il eut trois jours de délire. Mais j'observai que, pour toutes les choses divines et surnaturelles, ledit Père conservait son bon sens. Pour le reste, pour sa santé, il divaguait^. » Enfin il guérit et put retourner à ses chers malades.

Sufilsaient-ils à absorber son temps? Il y aurait eu beaucoup à faire dans la population portugaise de l'île, repris de justice, marchands d'esclaves, d'une immoralité et d'une cruauté parfois

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