Ibid., n
révoltantes*. Ce que notre saint put faire en leur faveur, ni lui ni ses historiens ne nous l'ont dit.
Il ne nous ont pas raconté davantage ce qu'il ressentit dans le premier contact qu'il eut alors avec l'infidélité. Arabes et Gafres, musulmans et païens, se rencontraient sur le rocher de Mozambique. A une lieue ou deux, de l'autre côté de la rade, commençait l'immense continent africain. Quels désirs durent brûler son âme à la pensée des millions d'âmes déshéritées qui vivaient là, derrière le rideau de collines bordant l'horizon? Ce que nous savons c'est qu'il s'humiliait de son impuissance : « Vous nous connaissez, écrivait-il à ses frères d'Europe, en leur demandant de prier pour lui, vous savez de quel mauvais métal nous sommes faits^.»
Pendant que le Père François se dépensait à l'hôpital 3, près de là, des intrigues se nouaient autour du gouverneur. Que valait don Martin Alphonse de Sousa? Les historiens lui sont parfois extrêmement sévères. Tel n'hésite pas à le présenter comme un des plus cyniques dont l'Inde ait eu à souffrir''. Il est certain qu'il commit des fautes. Par ailleurs nul ne lui refuse de grandes qualités de soldat. Il y avait près de vingt ans qu'il vivait dans les colonies, bataillant sur toutes les côtes de l'Inde ou organisant le Brésil. Il était tout désigné pour prendre en main quelque jour le gouvernement supérieur de VAsia portugueza. A la mort du vice-roi don Garcia de Noronha (1540), quand on ouvrit les « lettres de succession », son nom se trouvait sur la première. Or il venait de partir pour l'Europe. Il fallut ouvrir une autre lettre et l'autorité passa à don Etienne da Gama. Mais ce pouvoir qui lui échappait lui fut immédiatement rendu. A peine arrivé en Europe, il repartit avec le titre de gouverneur général, et l'annaliste do Couto, sans dissimuler que l'intrigue fût pour quelque chose dans cette nomi-