‹ Saint François XavierChapitre 111 sur 820 · WHlTEVi^AY, p · texte numérisé non relu

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nation, loue, au passage, le savoir, la prudence, l'autorité du nouveau chef^

Il est à croire que Jean III, qui tenait à envoyer aux Indes de bons missionnaires, ne croyait pas si mal faire en les confiant à don Martin Alphonse. 11 commettait une faute cependant. Etienne da Gama était l'homme dont l'Inde avait besoin. Très honnête, il avait, de concert avec l'évéque, entrepris la réforme de Goa; que faire de sérieux si la cour ne prolongeait son intérim ? Lui envoyer un successeur aussi vite, c'était l'annihiler et le décrier. Ce fut, hélas! ce qui arriva. Calomnié ou non par ses rivaux, il est certain qu'Alphonse de Sousa ne le valait pas. Habile, vaillant, pieux à ses heures, porté aux bonnes œuvres, il ne paraît pas avoir eu, de la justice et du droit des gens, un sens bien scrupuleux. A coup sur, il est de ses démarches qu'on s'explique mal chez un politique chrétien.

Il fallut du temps à François pour voir clair dans cet homme, et sa première impression fut favorable. 11 avait dû longtemps et souvent causer avec lui sur le Santiago; il écrivait de Mozambique : « Le senhor gouverneur ne cesse de me dire l'espérance qu'il a en Dieu Notre-Seigneurde voir se faire beaucoup de chrétiens là où il nous enverra. Il se montre si bien disposé, si affectueux à notre égard, que nous pouvons compter absolument sur toutes ses faveurs dans nos œuvres -.»

Nous ne tarderons pas à constater que ces dispositions étaient sincères. Les Jésuites des Indes, à la suite de François, considéreront toujours Martin Alphonse de Sousa comme un bienfaiteur et ce n'est pas à eux, pas plus qu'à notre saint, qu'il faut demander des révélations sur ses fautes. Tout au plus entendons-nous ce dernier, un jour qu'il recommande le gouverneur, patron et protecteur du collège, aux prières de saint

1. Dec. V, 1. VIII, ch. 1. Il est à noter que do Gouto est le plus franc des historiens. Sa 6" décade, imprimée de son vivant, avait été jugée d'une sévérité si excessive, qu'elle fut brûlée avant d'être publiée, puis retouchée par son beau-frère Adeodato da Trinidade ( Whiteway, p. x). 11 raconte sur don Martin A. de Sousa bien des faits diflGcilement défendables. Ce qui ne l'empêche pas de conclure son récit par des éloges sur son administration financière (Dec. V, 1. X, ch. 10 fin). Voir encore Faria y Sousa {Asia portuguezOj t. II, P. I, ch. 3). Correa, qui se trouvait aux Indes en même temps que Xavier, est plus indulgent, mais il rapporte encore plus d'un épisode étrange.

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