‹ Saint François XavierChapitre 116 sur 820 · Barros, Decad. II, 1. I, ch · texte numérisé non relu

Barros, Decad. II, 1. I, ch

4. Ibid.; — Marcellin de Givezza, 5<orta univ. délie missione franciscane, t. VII, p. 230 et suiv.

d'Abyssinie, ils avaient uni la circoncision au baptême. Puis le baptême lui-même était tombé en désuétude '.

Les Franciscains avaient commencé à relever cette pauvre chrétienté, quand, jugeant le poste trop dangereux pour la garnison, Albuquerque,en 1511, ordonna de l'évacuer. A contrecœur, les missionnaires durent s'éloigner eux aussi. Tout espoir de revenir n'était pas perdu cependant, car on bataillait toujours pour réduire à l'impuissance les musulmans des environs^.

Les insulaires retournèrent donc à leurs superstitions; ils retombèrent sous le joug arabe, furent décimés par les razzias des marchands d'esclaves, virent leurs enfants enlevés, et forcés de passer à l'Islam. Lorsque François Xavier parut, il y avait trente ans que l'oppression durait.

Dès qu'il le put, il entra en relations avec les indigènes. Il descendit deux fois à terre, s'informa des mœurs et coutumes, assista à un des offices du soir qui dura plus d'une heure et consista uniquement en oraisons et encensements à la croix. Il transcrivit trois ou quatre de leurs prières. Il ignorait la langue; mais, comme il restait encore aux Sokotorins quelques traces de christianisme, à force de gestes, que le zèle rendait expressifs, aidé certainement aussi par quelque interprète parlant arabe, il parvint, nous dit-il, à leur faire comprendre la nécessité du baptême, l'inutilité, la perversité de certaines pratiques musulmanes. On lui apporta des enfants à baptiser. La population semblait on ne peut mieux disposée : elle lui faisait signe qu'il fallait rester; tous, grands et petits se feraient baptiser. Ils lui olfraient de leur pauvreté, ce qu'ils avaient, des dattes.

Mais ils voulaient que le bienfait du baptême fût pour eux tout seuls, à l'exclusion des Arabes, leurs ennemis mortels. Un jour que le saint parcourait leurs cases, baptisant de petits enfants, il arriva que, par mégarde, il aborda les deux fils d'une mahométane. Ils se sauvèrent, et leur mère, fort irritée, vint déclarer qu'elle entendait rester musulmane avec ses fils. Ce fut alors aux chrétiens d'intervenir: «Ne les baptisez pas, dirent-

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