‹ Saint François XavierChapitre 117 sur 820 · Barros, loc. cit. ; — Turseluni, 1. I, ch · texte numérisé non relu

Barros, loc. cit. ; — Turseluni, 1. I, ch

2. M. DE CivEZZA, loc. cit.; cf. Correa, t. II, p. 171; Wuiteway, p. 176.

ils, quand bien même ils le voudraient. Les Maures n'en sont pas dignes et jamais nous n'y consentirons ^. »

Xavier eût voulu prolonger son séjour. Ne se devait-il pas tout d'abord aux chrétiens abandonnés? Le gouverneur s'y opposa. D'autres peuples attendaient l'apôtre; l'ile n'était pas sûre, les Arabes l'infestaient, et il n'y avait personne pour le protéger. Il fallut repartir; ce fut à regret. Nous verrons que le saint ne perdit jamais de vue cette terre délaissée. Dès qu'il le put, il s'occupa d'y renvoyer des missionnaires^.

Quittant les eaux de Sokotora, le Coulam poussa droit vers l'est. Le 6 mai 1542, au soir, il mouillait sous les îles Quemadas, un peu au-dessous de Goa^. Xavier avait sous les yeux la terre de ses rêves d'apôtre.

Au premier plan, les côtes déjà portugaises, ou qui n'allaient pas tarder à le devenir, de Bardez au nord et de Salcette au sud. Séparées par l'estuaire de deux rivières, ces deux péninsules avançaient l'une vers l'autre, leurs pointes élevées, Agoada et Mormugao, toutes désignées pour recevoir chacune sa forteresse. De l'une à l'autre s'allongeait, grondante, la barre des rivières.

Un peu en arrière, entre les deux promotoires, mourait, au ras des flots, l'angle le plus aigu de l'ile de Goa, encadré au nord par la Mandovi, au sud par le Zuari. L'île montait vers l'est en pentes ondulées, couvertes de cocotiers, se confondant avec le continent dont elle n'était séparée que par un mince ruisseau. A l'horizon, arrêtant la vue, distantes à peine d'une vingtaine de lieues, se profilaient les crêtes verdoyantes des Ghâtes. Par derrière, indéfinie, c'était l'Inde mystérieuse et païenne, des Rajahs, des Brahmes, des castes et des dieux.

La ville de Goa, invisible du large, se trouvait en amont de la Mandovi à une dizaine de kilomètres de la barre, sur la côte nord de l'île.

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