Ckos, t. I, p
Il s'embarqua en 1538 avec le nouveau gouverneur, don Garcia de Noronha, et arriva aux Indes seulement le 25 mars 1539, trop malade pour qu'on lui fît la réception solennelle à laquelle il avait droiU .
Dès qu'il fut un peu rétabli, il se mit au travail. Malheureusement, il n'avait plus l'énergique Nuno da Cunha pour le soutenir. Victime de la calomnie, le grand vice-roi s'en allait sur un vaisseau de louage, indignement traité par son successeur, et mourait en mer, de chagrin plus que de maladie^. Quanta Noronha, vieux, faible, indécis, intéressé, l'évêque n'avait pas à compter sur lui.
Quatre ans doivent encore s'écouler avant que Dieu lui envoie un collaborateur puissant en œuvres, François Xavier. En attendant, la tâche est immense. Jamais église ne fut plus éparpillée. Le diocèse de Goa comprend à ce moment une ville sur la côte africaine, Mozambique; Mascate, en Arabie où les Portugais ont un comptoir, et Ormuz un peu plus loin, desservi par quelques prêtres séculiers. Puis, dans la région actuelle de Bombay^, Baçaim et Salcette, avec la plus florissante des missions franciscaines. Aux environs, ne tarderont pas à se fonder les établissements de Surate, de Damào, de Chaul. II faut ensuite franchir quatre cents kilomètres pour trouver Goa. Des commencements de chrétientés s'ébauchent dans les îles et terres adjacentes. Bardez, Ghorâo, Divar, Salsette et Sunda. Descendant la côte du Canara, on trouvait plusieurs petites stations sans importance. Enfin, à 400 kilomètres de Goa, voici Cananore, mission fondée en 1502. Nous sommes au Malabar. Il faut passer par-dessus Calicut, toujours fermé à l'Evangile. Mais à deux pas de là, on trouve une station à Tanor, puis une autre plus importante à Granganor avec séminaire, mission franciscaine et église de vieux chrétiens. La mission remonte aux temps héroïques de la colonie. Tout près, Cochin,