Do GouTo, D. V. 1. V, ch. v, p
3. On rencontre en suivant la côte : Diu oa Dio, au sud delà péninsule du Gudjerat ; de l'autre côté du golfe de Cambay, Surate (Surat) ; 80 kilomètres plus bas Damaûn (Damào, Daman); puis à 130 kilomètres, Baçaim (Bassein). De l'autre côté d'un bras de mer, l'île de Salcette, avec une importante église à Tana [Thana, Tannah). L'île de Bombay en forme comme le prolongement. Plus au sud, sur le continent, Chaul {Tschaul).
l' « ASIA PORTUGUESA » 145
la seconde ville de l'empire, a, elle aussi, son couvent de Franciscains et son clergé. Elle ne tardera pas à devenir évêché (1 557). Descendant toujours, voici un centre chrétien jadis important, maintenant bien réduit, Coulam, le Columbum du moyen âge. Quelques lieues encore, et nous sommes au cap Gomorin. Remontant au nord-est, on trouve immédiatement la chrétienté abandonnée de la Pêcherie. A Tuticorin, nous ne voyons pas, dans les lettres de Xavier, qu'il y ait eu autre chose qu'un comptoir portugais. De même à Négapatam. Mais San Thomé de Meliapor a son église et son vicaire. Au delà et à l'intérieur des terres, il n'y a rien. A Geylan, Colombo possède depuis 1517 une station franciscaine qui végète. Six cents lieues vers l'est, on rencontre le poste de Malacca ; et il en faut encore huit cents pour atteindre l'extrême limite du diocèse, les Moluques. Quelques prêtres séculiers s'y occupent des Portugais et un peu des indigènes.
Quelle était la population chrétienne de ce diocèse disproportionné? Aucun document précis ne nous le dit. Elle était certainement assez restreinte, une poignée d'Européens instables çà et là, et, autour de leurs entrepôts, quelques centaines, quelques milliers tout au plus, d'indigènes baptisés. Quant aux ressources religieuses, un homme qui savait à quoi s'en tenir, le Père Valignano, nous dit: « Il y avait un si grand déficit de clercs, de religieux et autres ouvriers qui pussent aider l'évêque dans ses desseins, qu'ils ne suffisaient même pas aux besoins des Portugais. Par toute l'Inde, on ne rencontrait, comme religieux, que quelques Pères de saint François. Par leurs vertus et leurs bons exemples, ils avaient beaucoup fait. Mais, peu nombreux et isolés, ils ne pouvaient répondre à tous les besoins. Aussi, s'occupait-on peu de convertir les païens ; et les Portugais, surtout loin de Goa, n'étaient guère soutenus. A peine si, dans l'Inde entière, il y avait deux ou trois prédicateurs. Presque partout les Portugais restaient des années entières sans entendre la parole de Dieu ; souvent ils n'avaient près d'eux ni clercs, ni personne qui pût leur administrer les sacrements ou leur dire la messe ^. »
1. Mon. Xav., t. I, p. 38. On peut se demander si ce tableau n'a pas été un peu poussé au noir par les historiens jésuites, pour mieux faire ressortir l'action de
Ils auraient eu grand besoin cependant qu'on s'occupât un peu de leur âme. Qu'on en juge par ce qu'était la vie à Goa, une ville où cependant ne manquait aucun des secours essentiels de la religion. Nous la prenons en 1542, au moment où y arrive saint François Xavier.
leur saint. Mais la correspondance de Xavier est, sur ce point, en parfait accord avec ses biographes. Elle signale, dans les principales villes, un clergé séculier, pas toujours à la hauteur de ses devoirs, mais qui est à son poste. Elle nous montre aussi les Frères Mineurs a Baçaim, à Goa, à Cochin, à Granganor et à Ceylan. Le saint ne scinLle pas connaître autre chose. D'autres documents permettent de porter à onze le nombre des couvents franciscains en 1542, et à 80 les résidences ou stations qui en dépendaient. Mais combien y avait-il de religieux dans chaque couvent, combien de prêtres, combien capables de prêcher ? (Nazareth, Mitras, t. I,p. 33 et 34.) En 1527,1e couvent de Goa comptait 5 prêtres, 4 frères, 2 novices. Cette année-là, 13 Pères arrivèrent d'Europe : 2 moururent en débarquant, 6, ne pouvant se faire au climat, rentrèrent à Lisbonne (M. de Civezza, t. Vil, p. 272; Foinseca, Hist. sketch of Goa {). 220). Un homme de haute vertu, le Père Manuel de Morales, parlant de Ceylan, écrivait en 1552 :« Là régnent de grands abus ; tout aboutit au luxe et à la luxure. Il n'y a* personne pour reprendre les coupables et leur donner la crainte du péché. Seuls, des Pères de saint François le font en particulier, mais non en public, car ils n'ont aucun prédicateur. Ils essaient de convertir, mais sans grand succès. :> Polanco, Chronic, t. II, p. 761.