‹ Saint François XavierChapitre 139 sur 820 · Marcellino de Civezza, t. VII, p. 240, VIII, p. 231, etc · texte numérisé non relu

Marcellino de Civezza, t. VII, p. 240, VIII, p. 231, etc

le visiteur épiscopal don Fernand Vaqueiro avait déjà ordonné quelques Indiens, ceux-là peut-être que bientôt nous trouverons aux côtés de Xavier ^ Mais personne ne nous dit où et par qui ils avaient été formés. L'Inde n'avait rien alors qui ressemblât à un séminaire.

Ce problème du recrutement sacerdotal en suscitait un autre^ celui de l'éducation chrétienne. Gomme il arrive souvent en pareille occurrence, l'initiative privée prit les devants. Dès 1535, les Franciscains avaient ouvert des écoles à Baçaim et dans la Salcette de Bombay^. En 1537, le capitan des Moluques, Galvào, essayait un séminaire indigène à Ternate^. En 1540, le frère mineur Vincent de Lagos en fondait un à Cranganor pour les Syro-Malabars^.

A Goa, une fondation de ce genre s'imposait. Déjà Maître Diogo de Borba avait réuni quelques enfants récemment baptisés; il leur enseignait la doctrine chrétienne, les éléments de grammaire latine, le portugais. Il s'en servait comme d'interprètes; et il avait déjà, grâce à eux, opéré un grand nombre de conversions''. L'idée lui vint d'élargir son œuvre et de la transformer.

Un jour, dans un sermon, il fît appel au zèle et à la générosité des Goanais. Il ne lui était que trop facile de faire une triste peinture de la situation religieuse dans les Indes. Pas n'était besoin d'aller au loin chercher des exemples. Faisait-on un pas hors des frontières, on se heurtait aux plus abominables pratiques ; couramment les veuves se jetaient dans le bûcher sur le corps de leur époux. Mais, au cœur même de Goa, l'idolâtrie s'étalait sans contrainte. Dans l'île, on comptait à peu près 40.000 infidèles''. Nous ignorons si le prédicateur toucha à ces différents points; mais il en est un qu'il ne pouvait omettre, la situation anormale des néophytes. Abus véritablement étrange, ses compatriotes semblaient se désintéresser des indigènes, dès qu'ils étaient leurs frères par la foi. « La population

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