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païenne et musulmane, écrit le Père Valignano, était riche, influente, pratiquant son culte à ciel ouvert. Il y avait quelques convertis, mais peu nombreux, de si basse condition, si méprisés, qu'ils osaient à peine s'avouer chrétiens. Les idolâtres, nombreux, puissants, maîtres du commerce, fermiers des revenus de la couronne, poursuivaient et injuraient ceux des indigènes qui se disaient chrétiens... Même de la part de tels et tels officiers du roi, tous les honneurs, toutes les faveurs étaient pour les païens riches ^ » En 1542, l'on écrivait au roi : <c Mores et païens n'ont qu'à donner de l'or et il leur est permis d'opprimer à leur guise même les nouveaux chrétiens. A ceux-ci, aucune faveur ; aux riches infidèles, les plus importantes charges. Aussi les bonnes âmes qui voudraient embrasser le christianisme en sont-elles détournées et par le spectacle de la scandaleuse vie des Portugais et par la défaveur à laquelle semblent condamnés les nouveaux chrétiens". »
La conclusion du prédicateur fut : « Nous ferons un registre où seront inscrits tous ceux qui voudront aider les nouveaux convertis en se constituant leurs parrains, afin que les gentils, voyant comment on leur fait honneur, et comment on les protège, soient plus excités à demander le saint baptême^. »
L'appel fut entendu. Une confrérie fut organisée par Diogo de Borba et Michel Vaz, avec le concours des officiers les plus en vue de la ville, Pierre Fernandez, auditeur général, et Cosme Anes, notaire de la matricule. L'œuvre, approuvée par l'évêque, le fut aussi par le grand inspecteur des domaines, Fernand Rodriguez de Gastellobranco, qui gouvernait les Indes en l'absence de don Etienne da Gama. La confrérie, mise sous le patronage de saint Paul, apôtre des gentils, prit le nom de confrérie de la sainte Foi. A la tête devaient être deux protecteurs pris parmi les plus qualifiés dans l'administration. Deux majordomes portugais, et deux indigènes, gens riches et honorables, étaient chargés d'exécuter le programme.
Ce programme comprenait d'abord des œuvres de miséricorde. Au moyen d'aumônes, on devait venir en aide aux chré-