‹ Saint François XavierChapitre 15 sur 820 · Vie, t. I, p · texte numérisé non relu

Vie, t. I, p

loisirde discuter, et ilsse rendent. L'histoire a été plusdéfiante^ Quoi qu'il en soit, cet anathème étrange, appuyé de coups de canon, lancé sans procès, sans monitoire préalable, sans appel, privant de ses Etats un prince inofïensif, dont le seul crime était de vouloir sauver sa couronne, ne parvint pas à ébranler toutes les fidélités.

Beaucoup, dans la parenté des Jassu, estimèrent que la cause de Jean d'Albret était à jamais perdue et se laissèrent gagner aux avances des Castillans 2. Le docteur Jean de Jassu ne fut pas du nombre. Sans doute le dévouement à son roi malheureux n'exigeait pas qu'il résignât sa charge de conseiller à la Gorte-réal. Il la conserva et nous le voyons traiter avec le roi Ferdinand, lui adresser des suppliques, faire le voyage de Médina avec d'autres Navarrais pour l'entretenir 3. Mais il n'était pas rallié. On ne lui refusait pas toute justice, mais il n'était pas de ceux que l'on ménageait. Le 15 mars 1515, ordre fut donné par Son Altesse de vendre, à Sos et à Sanguessa, des terres appartenant à la casa de Xavier. C'était, disait-on, pour« la paix du pays ». Le docteur pourra faire valoir ses droits mais il est spécifié qu'il faudra passer outre à ses réclamations^. Ce n'est pas ainsi que Ferdinand traitait ses fidèles.

Si Jean de Jassu espérait un retour d'équité et la restauration de la royauté navarraise, il fut vite détrompé. Le 15juin 1515, la Navarre fut officiellement annexée. Le docteur ne survécut pas longtemps à ce coup. Dans tous les sens du mot, il avait combattu pour la justice : la justice était vaincue, il n'avait qu'à mourir. Le 16 octobre le jeune François était orphelin 5.

1. Noël Alexandre, H'ut. Eccles., t. XVII, p. 61 ; — Boissonnade, p. 347 ; — Gros, Doc, p. 155-15Ô. A la seule inspection des dates, on reste stupéfait. Le 18 juillet Jean d'Albret signe son traité ; le '21, la bulle le prive de ses Etats; le 24, elle est exécutée. On a remarqué que Martin d'Azpilcuela, « qui n'ignorait pas les droits du pape et n'en contredit aucun », quand il argumente contre les Navarrais restés trop olDstinéraent fidèles à Jean d'Albret, ne s'appuie pas sur la bulle de Jules II (Opéra, t. I, p. 368. Cf. Gros, Doc, I, p. 155-156).

2. Gros, Doc, p. 158. — L'auteur nous paraît avoir exagéré l'attachement du docteur à la cause de Jean d'Albret. Aucun des documents cités (p. 157-158) ne le montre suivant son roi « pour l'aidera sauver quelques restes de l'honneur royal » ( F/e, p. 58).

3. Doc, p. 158, 162, 167. — Vif, t. I, p. 58. Le docteur étcit-il allé à Médina comme envoyé de Jean d'Albret.' Le Père Gros le suppose.

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