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Trois mois plus tard, le roi spoliateur disparaissait à son tour. Tous les acteurs du drame changeaient, L'Espagne passe à celui qui sera bientôt Charles-Quint. Au prince calculateur Louis XII, succède le chimérique et chevaleresque François 1", Jean d'Albret meurt et laisse son royaume en banqueroute au jeune Henri II.
Le moment parut favorable aux Navarrais fidèles: ils pouvaient compter sur la France. Un soulèvement éclata en mars 1516, où furent compromis plusieurs parents des châtelains de Xavier, un Jassu, un Alloqui, un Ezpeleta'. Le casiillo de Azpilcueta servit de refuge à une vingtaine de loyalistes et tint longtemps en échec une forte bande d'Espagnols^. Cela méritait châtiment. En ce temps-là le cardinal Ximenes faisait raser en Navarre toutes les forteresses inutiles ou dangereuses. Azpilcueta disparut^. Puis ce fut le tour de Xavier.
Par grâce on laissa debout la casa, mais le mur d'enceinte crénelé et percé de meurtrières fut abattu, ainsi que le châtelet et la porte du pont-levis. Trois tours tombèrent sous la pioche. Le jardin fut ravagé. La tour Saint-Michel fut réduite de moitié, tous les créneaux delà maison jetés à bas et les fossés comblés. Bref on enleva au castillo tout ce qui lui donnait son air de forteresse. Ce ne fut plus qu'une maison quelconque délabrée et triste. Pour comble d'humiliation, dans le château déshonoré, un agent castillan fut installé, chargé de surveiller les suspects. De même à Pampelune. Charles-Quint faisait fortifier la ville, et les ingénieurs prenaient le bois nécessaire dans la maison des Navarrais fidèles. L'hôtel des Jassu fut mis au pillage (mai 1516, novembre 1517)^.
François avait onze ans quand il put assister à ces tristes scènes. Et ce n'était que le début.
Les dettes contractées jadis par les rois de Navarre n'étaient plus payées^. Voisins et vassaux en prenaient à leur aise avec la châtelaine de Xavier sans défense. Les gens de Sanguessa