‹ Saint François XavierChapitre 150 sur 820 · Ind. Ep., p · texte numérisé non relu

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Quels étaient donc ses procédés? Tous les pécheurs ne se convertissaient pas à ses discours publics; il en était qu'il devait comme forcer dans leur isolement coupable. De là toute une stratégie. Avant tout, il lui fallait se renseigner. Le bruit public lui révélait déjà bien des scandales. Ce n'était pas assez. Après ses catéchismes, l'instruction finie, il aimait à causer avec les esclaves. Là, il apprenait le nom des maîtres qui vivaient en concubinage. 11 s'iaformait ensuite de leur vie passée. Il s'agissait d'y découvrir les beaux endroits, les actes de courage et de vertu dont il pourrait parler en bon lieu. Ignace, pour l'arracher au monde, n'avait-il pas été prônant son talent et lui procurant des élèves? Gela fait, il entrait en relation avec son pécheur, et trouvait moyen de lier amitié. Quand les avenues du cœur étaient prises, alors, et alors seulement, il s'aventurait à parler de Dieu. C'était le moment des audaces suprêmes. Bien imprudent qui l'eut imité de trop près; mais « tout est saint pour les saints ».

Un de ses procédés les plus fréquents était de s'inviter à dîner. Il abordait un homme dans la rue : « Gonsentiriez-vous, disait-il, à héberger aujourd'hui un pauvre prêtre, sans cérémonie, en famille^? » — On ne pouvait refuser. Et la scène se renouvelait, de Jésus s'asseyant à la table des pécheurs. Tout, autour de lui, parlait de désordre. Il n'y avait que des femmes à servir à table. Il faisait semblant de ne rien voir; il causait, prolongeait la conversation et se retirait sans avoir fait la moindre remarque. Encouragé par ce silence, le Portugais, quelques jours après, prenait lui-même l'initiative d'une invitation. Xavier acceptait, et, sans avoir l'air de rien soupçonner : « Est-ce que toutes vos sœurs se portent bien » ? disait-il. — On esquivait la réponse et Xavier n'insistait pas. Quelques jours après, ce mot si simple, entré dans l'âme du pécheur comme un aiguillon, le changeait à fond : il revenait au Père, acceptait toutes ses conditions, et commençait une vie exemplaire'^.

Ou bien il demandait à voir les enfants. On les lui présentait. S'ils étaient en âge de comprendre, il leur faisait une

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