‹ Saint François XavierChapitre 169 sur 820 · I. — Le paganisme populaire · texte numérisé non relu

I. — Le paganisme populaire

Les Paravers ^ pêcheurs de perles ne formaient pas une nation, ayant un territoire distinct. C'était une caste, laborieuse, humble, mais non des plus basses. Ses villages en paillottes s'éparpillaient sur soixante kilomètres de grèves, du cap Comorin au bourg de Vembar 2, distants de deux ou trois lieues et plus ou moins mêlés à ceux des autres castes. Telles de leurs agglomérations n'étaient que des faubourgs de grosses villes idolàtriques^. Ce mélange ne les empêchait pas d'avoir une organisation tout à lait à part. Pour tout ce qui se passait à l'intérieur de la caste, ils ne dépendaient que d'eux-mêmes, et de leurs magistrats. Seuls, dans ce coin de l'Inde, ils avaient un chef, un « roi », de qui toutes les autres autorités tenaient l'investiture. Du haut de sa barque, c'est lui qui présidait à la pêche des perles*.

Ainsi enserrés au milieu des autres castes, les Paravers étaient comme noyés dans le paganisme. Xavier ne put faire dix pas sur la côte sans le constater. Partout, petites chapelles obscures, grossières idoles enfumées et frottées d'huile, PuUéars ventrus

1. Parafer, fém. parafa te. Les Portugais disaient plutôt Pa/tu'rt, ou Paravar. C'est le nom que leur donnent les autres castes. Eux, préfèrent se nommer les Parathars, descendants de Parathan, aïeul de Kulasagara-Pandyam, fondateur de la dynastie des Pandyans qui fut longtemps maîtresse du sud de l'Inde. Xavier ne connaît aucune de ces expressions. Il dit toujours les « Malabars ».

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