‹ Saint François XavierChapitre 171 sur 820 · SuAU, p · texte numérisé non relu

SuAU, p

2. Dubois, p. 339, 340, 343-355, 605. — Thurston, p. 302-309.

3. Mateer, loc. cit., p. 197, Cf. Dubois, p. 644; — Coubé, p. 139; — Guchen, II, p. 264; — A. RicE, Native life in South India, p. 73.

lieux, ses jours et ses heures. Jusqu'à minuit, il erre le long des routes, guettant les passants qui n'ont pas la précaution de s'armer d'un anneau ou d'un bâton de fer.

Aussi on cherche à l'apaiser par des sacrifices, des formules magiques, des prières. On lui consacre les enfants. Qu'un homme tombe frappé d'une maladie inconnue, c'est un possédé à exorciser. Le diseur de formules, convoqué, récite ses textes; parents et amis se mettent à chanter, à sauter, à pousser des cris; ils questionnent le démon, lui présentent des friandises et recueillent comme des oracles les paroles incohérentes échappées au patient.

Gomme les autres, les pêcheurs de perles étaient esclaves de cette tyrannie. Gens paisibles, se contentant, pour sacrifices, d'offrir à leurs dieux des poissons; parfois la fureur s'emparait d'eux, et alors le sang coulait*. Ils parlaientde possessions diaboliques; le démon menaçait, si on ne lui donnait de l'argent, de tuer sa victime 2. Ils étaient hantés par des apparitions farouches. A peine osaient-ils aller seuls au rivage : ils voyaient, entre les barques, danser des fantômes de feu, et ne les chassaient qu'en bâtissant des pagodes nouvelles. Voilà ce que, plus tard, une fois délivrés par la vie chrétienne, ils racontaient aux missionnaires 3.

C'était la paix de l'âme que Xavier leur apportait.

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