H. Enriquez, 21 nov. 15't9. Ibid., p
3. P0LA.NC0, Chronicon, 1. 1, p. 352 (lettres de Enriquez, 1548) ; — du Jahric, I, p. 205.
des néophytes. « Aussitôt arrivé, dit-il, j'ai cherché à savoir quelle connaissance ils avaient du Christ Notre-Seigneur. Je leur ai demandé, au sujet des articles de foi, ce qu'ils croyaient de plus qu'avant leur baptême. Je n'en eus d'autre réponse que celle-ci : « Nous sommes chrétiens. » Ils ne comprennent pas notre langue, et ne savent rien ni de notre loi, ni de ce qu'ils ont à croire K »
Avant tout, il fallait donc catéchiser. Ce que durent être ces premiers enseignements, combien lents et pénibles, on le devine. Quelle que fût la bonne volonté de ses auxiliaires, c'était un procédé tramant et lourd que de traduire à mesure le dialogue incessant de l'apôtre et de ses auditeurs.
Il se mit à l'œuvre pourtant, allant de village en village, prêchant, baptisant les petits enfants, bénissant les malades. Il suivait ainsi la côte dans la direction du nord. Lentement il franchit les cent kilomètres qui le séparaient de Tuticorin. Que se passa-t-il exactement pendant ces deux ou trois semaines ? Ses lettres sont, comme toujours, sobres de détails personnels. Mais elles laissent assez entrevoir qu'il se fit un ébranlement soudain dans la rude et bonne population des grèves. Le souffle de Dieu passait. Rien n'y manqua, pas même les miracles. Parvenu à Tuticorin, François écrivait à saint Ignace (28 octobre) :
« J'ai baptisé tous les enfants qui ne Tétaient pas. Un grand nombre parmi eux étaient tout petits, quid inter deœteram et sinistram intersit ignorantes^ . » Ce baptême des enfants fut toujours une des consolations de notre saint. Il se félicite quelque part d'en avoir ainsi sauvé en peu de temps un millier"^. Travail fructueux, s'il est facile, car, dans l'Inde, par suite des guerres, des famines, des fléaux de toutes sortes, la mortalité infantile est parfois effrayante. Tel missionnaire plus tard, à lui seul, régénéra plus de quarante mille enfants^.
« Ceux qui étaient un peu plus grands, continue notre saint, ne me laissaient le temps ni de dire mon office, ni de dormir.
\.Mon. Xav., p. 279.
2. Mon. Xav ., p. 273 : « Ne sachant distinguer leur main droite de leur main gauche. » (Jonas, IV, 11.)
3. Ibid., p. 295. C'est ce qu'un protestant appelle des « enfantillages ». Dieterlen, français Xavier. L' Accommodation, Cahors, 1903, p. 21.