Perrin, op. cit., p
Il fallait leur apprendre quelque prière. J'ai commencé alors à comprendre quoniam talium est regnum caelorujnK De si saintes importunités, je ne pouvais m'y soustraire que impie. Je me mis donc à leur enseigner la confession du Père, du Fils et du Saint-Esprit 2, puis le Credo, le Pater nos ter, l'Ave Maria. J'en ai trouvé de très intelligents. S'il y avait quelqu'un pour leur enseigner la sainte foi, je tiens pour certain qu'ils seraient bons chrétiens 3. »
« Poursuivant ma route, j'arrivai aune localité de païens. Il n'y avait là aucun baptisé. Ils n'avaient pas voulu se laisser faire, quand leurs voisins se convertirent à la foi. Ils disaient qu'ils étaient vassaux d'un seigneur idolâtre, lequel ne voudrait pas qu'ils fussent chrétiens. Or il y avait là une femme qui, depuis trois jours, était dans les douleurs de l'enfantement. Beaucoup désespéraient de sa vie ^. » Autour de la malade, on multipliait les superstitions. Dans l'Inde comme ailleurs, les maladies passent pour être l'œuvre des mauvais esprits. Pour les guérir, c'est peu d'être médecin, il faut surtout être sorcier, connaître les formules magiques, les mantram, propres à chaque infirmité. A la naissance des enfants, la mère et le nouveau-né sont plus que jamais exposés au mauvais œil, à l'influence des planètes et des jours néfastes. Elle aussi, par conséquent, la sage-femme est par excellence la diseuse de îiiantram^.
« Gomme les prières de ces infidèles déplaisaient à Dieu, parce que omnes dii gentium daemonia^, leurs demandes n'étaient ni écoutées ni regardées in conspectu Domini'' . Avec un des clercs, mes compagnons, j'allai à la case de cette femme. J'y entrai, et coepi confidenter invocare magnum Chrisli nomen nihil cogitans yuod eram in terra aliéna, sed potins judicans quia Domini est terra et plénitude ejus^ orbis terrarum et uni-