Gros, II, p. 437. Process. 1613, n
catéchisme public. Puis, quand le jour allait tomber, que les gens rentraient au village, il se rendait là où il comptait trouver plusd'hommesréunisetilprêchaitselonl'inspirationdumoment. La nuit était venue. « Un homme qui fut alors son compagnon, raconte le Père de Quadros, me disait qu'ordinairement il dormait fort peu. C'était beaucoup quand ses fatigues continues et son travail lui arrachaient deux ou trois heures de sommeil. » Un autre déclare qu'il ne se souvient pas de lui avoir jamais vu ni matelas, ni draps, mais seulement un coussin. Le gouverneur lui envoya un jour une courte-pointe, une casaque en drap de Portugal de première qualité et deux barils de vin. Tout fut pour les pauvres ^
Où dormait-il? En plein air sans doute bien souvent, ou dans quelque hutte en terre à moitié diluée par les pluies, dans quelque taudis étouffant, sans fenêtre, envahi par les fourmis blanches, les insectes venimeux, lesserpents etlesrats^. Comme toujours, la nuit était presque toute pour la prière.
La prière, c'était le fond essentiel de sa vie. Aussi son extraordinaire union à Dieu commençait à se manifester au dehors par l'extase, avec tous ses signes miraculeux. On en parlait encore soixante-dix ans après dans le pays, Jean de Pina et sa femme Catherine, contant des histoires de saints à leur neveu Antoine, lui disaient avoir regardé le Père François, durant la messe, élevé d'une coudée au-dessus du sol. Le Paraver Pierre Aloysio, son interprète et sacristain, le vit une fois, dans l'ermitage de la Sainte-Croix à Manapar, élevé d'une palme au-dessus du sol, et cela, un bon espace de temps. Un autre, passant à Tivanapatao (?) , apprit des chrétiens du lieu que, trois jours auparavant, onl'avait aperçu, pendantsa messe, soulevé de la même manière: toute l'assistance l'avait constaté. Thomas Fernandez, bouchera Manapar, a plusieurs fois hébergé le Père. Il l'a surpris pendant la nuit dormant sur le sol nu, entouré d'une auréole, soulevé d'une palme au-dessus du plancher. Et de même quand il disait la messe^.