‹ Saint François XavierChapitre 186 sur 820 · Ibid., ch. XXII, p · texte numérisé non relu

Ibid., ch. XXII, p

2. H. Venn, The missionary life and labour of Francis Xavier, Londres, 1863. Traduction de \V. Hoffmann. Wiesbaden, 1869, p. 251-260.

3. Et encore il ne manque pas de protestants pour rabaisser l'intrépidité de Xavier. Il n'osa jamais s'aventurer bien loin des côtes et du canon portugais ^Venn-Hoffmann, op. cit.). C'est d'abord se faire une idée exagérée de la puissance portugaise : même à la Pêcherie, on était loin du canon portugais. Puis c'est oublier l'apostolat dans l'île du More, au Japon, et la tentative sur la Cbine.

4. « Notre enseignement dans les missions est, la plupart du temps, élémentaire : être et paternité de Dieu ; péché d'idolâtrie, malice du péché en général, le don d'un Sauveur; les principaux épisodes de la vie de Notre-Seigneur, sa mort pour nos péchés, sa Résurrection, son Ascension, sa médiation, son retour au jugement dernier; le repentir, la foi, l'œuvre régénératrice du Saint-Esprit; la nature du culte chrétien, la vie chrétienne. » (Henry RicE, Native life in South India, Londres, s.d., in-16, p. 133.) Sauf la « nature du culte chrétien », formule qui doit cacher une attaque au culte catholique, qu'y a-t-il dans ce programme qu'on ne trouve dans l'explication du Credo et des commandements telle que la pratiquait François ?

consciences, quand les générations nouvelles seront à même de profiter du christianisme de leurs pères, n'y aura-t-il pas des âmes plus élevées et qu'il sera aisé d'instruiredavantage ? Pour le moment, de la masse grossière, hier païenne, vivant dans une atmosphère morale plus énervante encore pour l'âme que l'atmosphère physique ne l'était pour le corps, pouvait-on exiger beaucoup plus que le minimum?

En somme, François et, avec lui, ses successeurs, oftVaient aux pêcheurs de perles ce qu'ils pouvaient porter. Ce n'est pas en quelques mois qu'on arrive à donner à un peuple pauvre, absorbé dans son rude labeur manuel, un degré de plus d'intelligence. Pour ce long travail, dont les progrès lents échappent nécessairement à l'observation immédiate, Xavier savait compter sur le temps et sur la grâce. 11 connaissait trop les hommes pour s'imaginer que cette instruction sommaire, suffisante au salut, suffirait à faire entrer immédiatement l'esprit chrétien dans les âmes. C'est dans l'avenir qu'il espérait, et l'avenir, c'était les enfants.

Il écrivait donc: « J'ai confiance en Dieu Notre-Seigneur qu'ils seront meilleurs que leurs parents. Ils montrent une grande bonne volonté pour notre loi, pour savoir les prières, pour les enseigner. Ils ont en abomination les idolâtries des païens, à ce point que souvent ils leur cherchent querelle, reprenant leurs pères et mères quand ils les voient adorer les idoles et viennent me les dénoncer. Quand je reçois avis de quelque acte de ce genre commis au dehors (car on n'ose plus en commettre dans les villages, par crainte des enfants), je les réunis tous et vais avec eux là où l'on a adoré les idoles. Et le diable reçoit d'eux plus d'injures qu'il n'avait reçu d'honneur de leurs parents au temps où ils fabriquaient et adoraient les idoles. Les petits prennentles idoles, les broient menu comme de la cendre, les jettent au feu, leur brisent la tête, crachent dessus, les foulent aux pieds. Ils leur font encore une foule d'autres affronts que je ne veux pas préciser. Mais cela fait honneur à ces enfants d'accabler ainsi celui qui a poussé l'audace jusqu'à se faire adorer de leurs parents ^ »

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