‹ Saint François XavierChapitre 196 sur 820 · Mon. Xai>., p. BO · texte numérisé non relu

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table que si j'en avais été le témoin. Telle fut en effet la vie de François, telle fut sa mort, que, de sapart^des faits de ce genre n'avaient rien qui dût étonner ^ »

De même, un peu plus tard, Antoine Diaz s'en allait de Goa à Cochin, en même temps qu'Antoine Cardoso, secrétaire d'Etat dans ITnde. « Je vis Cardoso, dit-il, demander au Père Maître François ce qui en était de cet enfant qui, noyé dans un puits^ et inanimé, avait été par lui, Père Maître François, ressuscité, à ce qu'on disait. Et le Père lui répondit : « C'est vrai, j'ai dit un évangile sur cet enfant : il n'était pas mort, mais vivant. » Il n'empêche que j'ai entendu affirmer par d'autres que l'enfant était bel et bien mort, et que le Père, avec l'aide de Dieu, l'avait ressuscité^. »

Ces pieuses indiscrétions semblent avoir eu un résultat fâcheux. Le Santo Padre n'étalait pas ses miracles ; ses lettres pourtant en avaient laissé entrevoir quelque chose. Bientôt il s'enveloppera d'un silence absolu. Il ne racontera plus rien en ce genre, même pour l'attribuer à la foi des miraculés. Ses contemporains ne seront pas sans noter cette attitude, et ils l'expliqueront par un calcul d'humilité. Le Père Polanco, qui, à Rome, rédigeait sa chronique sur les lettres qui lui venaient de tous côtés, écrivait à la date de 1548 : « On rapportait du Père François de nombreux miracles, mais lui, les dissimulait^. » « J'ai connu le Père François aux Indes, à Malacca, ailleurs encore, disait en 1556, Christophe Carvalho, sénateur de Cochin... Il a fait de nombreux miracles chez les idolâtres; mais il ne voulait pas les publier, il suppliait qu'on n'en parlât pas^. » Plus tard, en 1593, recueillant à Goa de nombreux souvenirs, le Père Sébastien Gonçalvez écrira : « François dissimulait son don des langues, attesté cependant par plusieurs témoins^. »

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