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5. P. 3 50. Fernandez le Gras doit être un Indien. Les baptisés prenaient ordinairement outre leur nom de baptême, un nom portugais, celui par exemple de leur parrain.
gatins de Gaël Velho que je leur défends d'aller repeupler Caël Velho. S'ils le font, ils me le paieront cher *, »
Xavier ne reculait donc pas devant les châtiments, et telle de ses exécutions ne laisse pas que de surprendre. Dès qu'il s'agissait d'actes idolâtriques, il était impitoyable : mais pouvaitil être compris s'il ne frappait fort? Un chrétien s'obstinait dans ses superstitions. « Le Père, dit Bartoli, trouva pour le convaincre et effrayer les autres un moyen proportionné à sa sottise. 11 fît mettre le feu à la hutte du coupable. » C'était une de ces misérables paillottes qui ne coûtent que la peine de les élever. On supplia le saint, le mobilier fut sauvé, mais la case eut vite disparu et avec elle les idoles. L'homme se le tint pour dit, v il avait compris quel autre feu plus terrible eût mérité son infidélité^».
Il est à noter que les Indiens n'étaient aucunement choqués du procédé. Un petit seigneur déclarait plus tard à l'abbé Perrin : « Mon Père, vous demeureriez vingt ans parmi nous que votre zèle serait sans succès. — Gomment cela? — Parce que vous ne voulez pas nous frapper autrement que par vos discours. Sachez que pour nous rendre bons, il faut que les avis entrent dans nos têtes à mesure que le sang sort de nos veines. Les Jésuites, quinous gouvernent depuis silongtemps, saventce qui nous convient; aussi nous mènent-ils comme il leur plaît 3. »
Faisons dans cette déclaration la part de l'emphase orientale; une chose reste vraie : il fallait être sévère et sévère en actes. Un peu de mise en scène n'est pas pour déplaire aux Indes. L'Indien se rend aux arguments palpables. Donc, des châtiments, même corporels : ils seront acceptés et compris. Mais il faut que ce soit des châtiments vrais et pénibles, dussent-ils paraître quelque peu exagérés à des Européens du xx® siècle. François, qui connaissait son monde, ne recula pas devant la conséquence. Il paraît s'en être tenu à des sanctions pécuniaires et à une réclusion dont les conditions nous sont inconnues.
Avec le temps, ces rudes leçons portèrent leur fruit. L'apôtre
1. Caël Velho (Caël le Vieux) ou Palaya Kayal, à une demi-lieue de Punicale, et à trois lieues et demie au sud de Tuticorin ( A . Lopez, p. 19).