‹ Saint François XavierChapitre 217 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

fi, P. 343.

Mais que pouvait bien souhaiter le rajah? Nous sommes réduits aux conjectures. Depuis cinquante ans les rois du Travancore dominaient sur le Tinnevelly, du cap Comorin à Punicale, et peut-être jusqu'à Tuticorin. C'était donc sur leurs terres que Xavier avait travaillé. Le prince se nommait alors Udaya- Marthanda-Varna'. Le missionnaire, l'entendant appeler par les gens du pays « ennaku-tamburan^ notre roi », crut que c'était un nom propre, qu'il interpréta Iniquitribirim^. Or ce « grand rajah », comme on disait, était loin d'être maître incontesté de sa conquête et même de son royaume. Au dehors il avait à compter avec les Nayakers du Maduré, ses voisins, gouverneurs pour le roi de Vijiyanagar. A l'intérieur, il fallait lutter contre une manière de barons féodaux remuants et batailleurs, les Pulas ou Poligars^^ menus tyrans locaux également redoutables au roi et à ses sujets^. Sur ses côtes, je ne sais s'il avait à se plaindre des musulmans de Galicut^, mais certainement il avait dû trouver plus qu'étranges les procédés du gouverneur portugais, don Martin Alphonse de Sousa, qui, sans déclaration de guerre, en pleine paix, s'était jeté sur une riche pagode de son royaume, près de Coulam, et l'avait pillée'^.

Voulait-il, par une alliance en règle avec les Portugais, prévenir de pareilles aventures ? Voulait-il obtenir un secours contre les Pulas', les prévenir même dans la tentation qu'ils pouvaient avoir de s'appuyer contre lui sur les étrangers? Certains indices

1. C'est le nom donné par R. Galdwell [A poUtical and gênerai Iditory of the district of Tinnivelly^ Madras, 1881, p. 69-70) et par Nagam Aiya [Travancore state manual, t. III, p. 153) mais t. I, p. 297, ce dernier auteur appelle ce roi Bhutala-Vira-Kerala— Varma.

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