Valignano, p
'i. Mou. Xav., p. 322.
Dana la première quinzaine dejuin, Xavier travaillait en paix aux environs de Punicale. De Yirandapatanao \ il envoyait à Mansilhas un billet où ne se traduisait aucune inquiétude. Il lui rappelait ses recommandations, donner souvent de ses nouvelles, achever une église, bapliser les nouveaux-nés, etc. « Mon souvenir à Manuel da Gruz, disait-il; à Mathieu, qu'il soit bon fils. Vous, soyez toujours alFable avec vos gens; traitez-les avec amour. Soyez bons pour les adlgars^ (agents du roi de Travancore). » Ce billet doit être du 11 juin 3; tout alors était en paix. Soudain, passant à Gombuturé ', mauvaises nouvelles. Les Badages se sont jetés sur le cap Comorin. 11 y a des chréîiens emmenés captifs. Les autres se sont réfugiés en mer sur des récifs à fleur d'eau. « Là ils meurent de faim et de soif ^. » Aussitôt Xavier qui se dirigeait vers le nord, reprend la roule du sud*^. Il arrive à Manapar. « Cette nuit, écrit-il le 16 juin, je m'embarque et vais les secourir avec vingt tonys. Priez Dieu j)our eux et pour nous. Que les enfants surtout prient à cette intention^. »
Mais pourquoi cette agression soudaine et cette reprise d'hostilités entre les Nayakers du ISIaduré et le roi de Travancore? nous ne savons. A lire les lettres de notre saint, on dirait que les envahisseurs en voulaient spécialement aux néophytes Paravers. Les pêcheurs payaient tribut au « Grand roi » : ils avaient le tort d'échapper ainsi aux maîtres du Maduré, héri-
1. Virandapatanao, Virandapaiuarn , aujourd'hui V irapandiapatnavi . On lit encore y'iranao-dianpatarnao, Varican diaopatanao (Mon. Xav., p. 325, 342),
2. Adigar, addlkar, « one possessing autliority... a rural head man » (Yule). Terme général pouvant s appliquer soit aux autorités de village, soit aux délégués du roi.
3. Mon. Xai'., p. 325. — Les deux lettres 27 et 28 sont mal datées. — Le n» 27 porte « secunda ferla 20 de Junlio m : le 20 juin tombant un vendredi, il faut lire 16 juin. — Le xi" 28 est daté du 22 juin. Mais, si le Père est parti en mer le 16 au soir (esta noiie me parto, p, 324), et s'il est resté 8 jours en mer (oito dias estù>e em mar, p. 329), donc du 16 au 24, il n'a pu écrire le 22. Par ailleurs cette lettre ne contient aucune allusion aux événements du moment. On propose de lire 11 au lieu de 22 (Mon. Xaf., p. 966).
La lettre 29 est apocryphe (Gros, II, p xxxr).
4. P. 24. Gombuturé est à une lieue au nord de Virandapatanao.
■ >. Le P. Gros (p. 259) croit que ces récifs sont ceux du Pont de Rama. De même le l'ère Michel (p. 128). C'est une erreur. Il y a, au cap, des rochers plats, assez éloignés de la côte pour que des réfugiés puissent y être en sûreté. Voir la gravure dans Nagam AlYA, t. I, p. 31.
6. Le 11, il est à Virandapatanao; quelques jours plus tard à Gombuturé, plus au nord.
LES BADAGES 255
tiers de leurs anciens rois. Les Badages, à la fois maraudeurs et percepteurs, venaient leur apprendre qu'ils avaient d'autres despotes à satisfaire.
L'endroitoù ils avaient opéré était cette plaine, large de quinze à vingt kilomètres, qui, de la mer jusqu'aux premières terrasses des monts Cardamomes, monte insensiblement sous les rizières et les palmeraies. Là se rejoignent la Pêcherie et le Travancore. Au nord-ouest du cap, à dix kilomètres de la mer, est la petite ville de Cotate, ou Kotar. C'est là que les Badages s'étaient rués, pillant, faisant des prisonniers et acculant les fuyards au rivage.