‹ Saint François XavierChapitre 228 sur 820 · Mon. Xau., p · texte numérisé non relu

Mon. Xau., p

« F'aites-moi savoir s'il est vrai qu'à Tuticorin, un Portugais ait fait prisonnier un serviteur de ce prince (le seigneur de Talle), et sous quel prétexte. Je vous ai déjà longuement écrit là-dessus. Si la chose est vraie, mieux vaut demeurer ici que d'aller voir le roi. C'est un fort vilain cas*. »

Est-il exact, comme on l'a supposé, que le capitan ait été de connivence avec le coupable, s'il n'était pas le coupable en personne? La chose n'est que trop vraisemblable. L'ami secret des Badages ne pouvait être que l'ennemi du rajah. Quoi qu'il en soit, le personnage n'inspirait aucune confiance à Xavier, et, il faut le dire, la défiance était réciproque. Mais enfin le missionnaire, à cette heure, ne demande qu'une chose : que, pendant le mois de septembre, le capitan ne fasse rien, ou ne laisse rien faire contre les sujets du « Grand roi ». Il compte bientôt partir pour Cochin et voir le prince en passant. Il voudrait n'avoir à subir aucune doléance. Mais il n'ira pas le trouver si le mal est sans remède. Sur toutes ces affaires, nous ne savons qu'une faible part de la réalité, car Mansilhas avait écrit au Père qu'il en avait trop à dire pour une lettre, sur le capitan, les Portugais et les chrétiens; il lui fallait un entretien 2.

Cependant l'affolement des chrétiens durait toujours. Tandis qu'on négociait la paix, une foule de réfugiés se tenaient sur les îlots qui s'étendent en face de Tuticorin, en sûreté, mais sans vivres, sans eau potable. Personne ne s'occupait d'eux. Xavier, lui, s'inquiétait. 11 était à Alendalé, entre Punicale et Manapar. « Je suis fort anxieux, écrit-il, des chrétiens de Tuticorin... Pour l'amour de Notre-Seigneur, faites-moi immédiatement savoir ce qui se passe. Est-il du service de Dieu que vous y alliez ? Alors, réunissez le plus de tonys que vous pourrez à Combuturé et à Punicale. Tirez ces gens de leurs îles, menezles à Combuturé, à Punicale, à Trincontur (Trichandur). Tout de suite, sur l'heure, partez avec tout ce qu'il y a de barques à Punicale, et mandez à ceux de Combuturé de vous suivre de près. Ne laissez pas ces pauvres gens mourir de faim et de soif pour l'amour de Betebumar {sic) et de ses chevaux. Quant au

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