‹ Saint François XavierChapitre 236 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

ger de maîtres. La protection du Portugal ne leur était pas indispensable. On pouvait leur en vanter les bienfaits, leur montrer l'exemple des Paravers. Chrétiens, ils n'auraient rien à craindre, dans leur pêche et leur commerce, des musulmans, car ils pourraient aller et venir sous la sauvegarde de la flotte européenne. Le capitan de Coulam serait leur défenseur.

Si nous comprenons bien la page de Valignano qui nous fournit ce détail, le capitan de Coulam avait eu à intervenir déjà dans les affaires des Macuas. Il avait fallu « punir leurs méfaits », on ne nous dit pas lesquels: quelques actes de piraterie sans doute, ou la complicité avec les ennemis musulmans de Calicut. Et Xavier lui-même aurait conseillé, par manière de leçon, de leur interdire la pêche. Chrétiens, alliés du Portugal, ils n'auraient plus rien à craindre de semblable. Et Valignano conclut : « Finalement, compellendo eos intrare ad nuptias, comme dit le Seigneur, il en amena une grande multitude à se faire chrétiens *. »

11 ne faut pas prendre à la lettre cette dernière phrase. Xavier n'avait à son service aucun moyen de coaction ; il était seul. Mais il pouvait dire aux Macuas, ce qui était la vérité, qu'il y avait pour eux des avantages même temporels à se faire chrétiens. Bien entendu, il disposait d'autres arguments.

Avant tout, les œuvres de charité-. Le bruit de ce qu'il avait fait pour les Paravers s'était certainement répandu sur tout le littoral. On connaissait chez les Macuas ses prodiges d'abnégation et ses miracles. Au Travancore les occasions ne lui manquèrent pas de donner à ces pauvres gens le spectacle absolument nouveau du dévouement désintéressé. Un étranger, un homme respecté et aimé du prince, s'abaissent jusqu'à des gens de caste infime, leur distribuant argent et habits, c'était chose inouïe. Sans doute il fit davantage, car cette région de lagunes est malsaine, c'est le pays de la dysenterie, de la malaria, de l'éléphantiasis. On a négligé de nous dire ce que le saint osa pour tant de misères : mais il suffit de se rappeler ses héroïques folies chez les Incurables de Venise.

1. « Les forçant d'entrer dans la salle des noces », allusion à Luc, xiv, 24. Mon Xatp. 55.

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