Loc. cit., fol
4. Mon. Xa\>., p. 55, 56. Notons que Valignano cite plusieurs miracles de Xavier, ceux qu'il paraît avoir fait vérifier sur place. S'il n'en rapporte pas davantage, dit-il, c'est qu'il est plus utile d'être édifiés sur des vertus qu'on peut imiter, que sur des miracles (p. 198).
çalvez, j'allai, sur la côte du Travancore, au bourg de Raigue- Mangalam % dont l'église est dédiée aux Rois Mages, près du cap Gomorin, Quelques patangatins, notables de l'endroit, me dirent qu'il y avait là un homme que le Père François avaitramené à la vie. Je demandai à voir ce ressuscité, pour ma grande consolation. Il vint à mon logement : « Est-il vrai, lui demandai-je, « que tu as recouvré la vie par les mérites et prières du Père « François Xavier ? » Il répondit que c'était la vérité ; ses parents, ses concitoyens le lui affirmaient. Ils étaient là, avaient tout vu de leurs yeux. Lui, se rappelait qu'il avait été gravement malade et désespéré. Même il savait certainement qu'il était mort et qu'ensuite il se vit soudain, sain et vaillant, en présence du Père François Xavier. Alors deux notables parmi ces patangatins, âgés tous deux de soixante-dix ans, plus ou moins, me dirent, en présence de cet homme ressuscité et de beaucoup d'autres, que, étant enfant, ilavait été pris d'une maladiepestilentielle dans la ville de Mutan 2, au Gomorin. Eux, entendant pleurer les parents sur leur enfant mort, allèrent trouver le Père François. Voyant l'enfant ainsi mort, il eut pitié du deuil des père et mère. A leur prière, il se mit à genoux, supplia Dieu de rendre la vie au défunt, et, cela fait, il lui enjoignit, au nom de Jésus-Ghrist, de se lever. Aussitôt il le rendit à l'existence et à ses parents, vivant et bien portant. Ge fait, ainsi raconté par eux, ces notables l'avaient vu de leurs yeux, ils le tinrent pour miracle. Tous rendirent grâce à Dieu d'un tel prodige, louant fort la sainteté du Père Maître François Xavier 3. »
D'autres témoins appuient ce récit. Le Paraver Emmanuel Gago Belandem, âgé de soixante-quatorze ans et plus, déclare sous serment que, lui étant présent, au bourg de Mutan, le Père François a ressuscité un enfant emporté par une fièvre pestilentielle. Il était déjà revêtu de ses habits funèbres, prêt à être mis en terre. Le Père le vit, pria, l'aspergea d'eau bénite,
1. Probablement Rajaka Mangalam, résidence dont dépendait au xvir siècle l'église du Gomorin. Elle était alors dédiée à la nativité de Notre-Seigneur. A. Lopez (p. 12) l'appelle Pakia mangalam.
2. Mutan, ou Butan, entre Cariapatao et Alicale, dit le Père de Sousa (t. I, p. 237). Nous ignorons où était Alicale : mais il y avait un Cariapatao sur la côte ouest à une vingtaine de kilomètres du cap (Lopez, p. 12). On trouve aujourd'hui vers cet endroit le village de Muttum.