‹ Saint François XavierChapitre 24 sur 820 · II. — L'âme en péril · texte numérisé non relu

II. — L'âme en péril

La rentrée des classes avait lieu le 1^"^ octobre, fête de saint Rémi.

Notre jeune Navarrais dut employer sa première année (1525- 1526) à compléter ses études littéraires. A Sainte-Barbe, il se trouvait au centre d'une lutte ardente entre l'ancien et le nouvel esprit. Le souffle de la Renaissance commençait à passer sur l'université : cours de langue grecque, éditions de textes anciens, renouvellement des grammaires, etc. Le progrès ne se faisait pas sans combat. La faculté de théologie se défiait. Incapable de prendre la tête du mouvement pédagogique réformateur, elle eût accepté sans doute de le suivre. Mais, sous couleur de philosophie, elle voyait se glisser les nouveautés doctrinales. Qui graecizabant lutheranizabant'^, disait un condisciple de Xavier. Les collèges étaient partagés. D'un côté de la rue aux Chiens, Montaigu se cantonnait dans le passé. De l'autre côté, justement entre 1525 et 1530, la routine était en pleine déroute.

François dut avoir pour professeurs quelques-uns de ces maîtres qui, en ce temps-là, faisaient la fortune de Sainte-Barbe, et dont le nom appartient à l'histoire de la Renaissance : le grammairien Mathurin Cordier, le latiniste Louis d'Estrebay, ou Strebaeus, l'Ecossais poète Buchanan, l'aristotélicien espagnol Gelida, surtout Fernel, mathématicien, astronome, philosophe, philologue. Les classes étaient trop petites pour l'affluence des élèves qui venaient l'écouter; il fallait porter la chaire en plein

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