Sel. Ind. Ep., p
village de f3rinjain marque le terme de sa prédication'. Un peu au-delà, passé Trivandrum, commence le pays du malayalam, qui est au tamoul ce que le portugais est à l'espagnol. Si donc notre missionnaire se faisait entendre aux indigènes de la Pêcherie, pas n'était besoin d'un miracle pour converser avec leurs voisins. Mais précisément lui-même nous fait clairement savoir qu'on ne le comprenait pas, qu'il ne comprenait pas davantage. Et cependant Jean Vaz afïirmait aux Pères de Lisbonne, l'année suivante (1545), qu'il parlait fort bien la langue du pays-. Comment concilier ces données contradictoires? Il faut en croire Xavier se plaignant de son impuissance. Par ailleurs, si Xavier parlait mal, pourquoi le licencié aurait-il inventé qu'il parlait bien, et cela, deux lignes seulement après avoir dit que quatre prêtres indigènes lui servaient d'interprètes^?
Voici peut-être la réponse. D'une part, le Père Seb. Gonçalvez nous avertit que ce don des langues était un des miracles que Xavier dissimulait, mais qu'il est attesté par plusieurs témoins ''. Xavier avait donc raison de se plaindre comme il le faisait, mais il n'ajoutait pas que Dieu lui venait en aide. Par ailleurs, le Père Martin de Sainte-Croix, qui nous transmet le témoignage de Jean Vaz, le donne-t-il tout entier ? N'aurait-il pas, par timidité et réserve, supprimé quelque détail, une de ces cosas muy grandes^ qu'il nous importerait tant de savoir et qu'il n'a pas osé raconter?
Quoi qu'il en soit de la mission du Travancore, voici ce qui fut raconté dans les procès de canonisation.
En 1556, Antoine Pereira, qualifié par le procès-verbal de regUie familiae palritiiis, et fils d'un des meilleurs amis de Xavier, disait : « En quelque pays que le Père se transportât, il ne lui fallait que quelques jours pour apprendre et parler la langue. Ainsi, sur les côtes du Malabar, à Malacca, au Japon.
1. Lui-même (p. 367) nous dit qu'il donnait aux Macuas une traduction des prières en su lengua, en su mesnia leni^uaje^ celle dont il se servait depuis deux ans.