‹ Saint François XavierChapitre 242 sur 820 · Relatio fada in Consistorio, p · texte numérisé non relu

Relatio fada in Consistorio, p

5. Lucena (1. IV, ch. i) rapporte le miracle survenu durant le voyage à Amboine. fi. Gros, I, p. 313.

peuple avec moi, soulevé par une force divine au-dessus de terre de plus d'une coudée. . . J'ai vu de plus que le Père prêchait à ces gentils en leur langue, et tous admiraient de le voir si bien parler, alors qu'il ne venait que d'arriver, et n'avait pas eu le temps d'apprendre leur langue qui est fort difficile. Et, comme il y avait dans ce port et dans cette ville des gens de nations diverses et de divers idiomes, dans un sermon auquel j'assistais, tous le comprenaient comme s'il parlait à chacun dans sa langue. Moi-même je l'ai compris dans la mienne. Le bruit courait partout que, dès qu'il arrivait dans un pays, quelle qu'en fût la langue, il la parlait. Aussi y eut-il beaucoup de conversions parce qu'on voyait là un grand miracle'. »

Telles sont les attestations qui ont inspiré les lignes suivantes dans le bulle d'Urbain VIII : « Les signes et prodiges par lesquels le Seigneur, au berceau de l'Eglise naissante, confirmait l'enseignement de ses apôtres... dans sa miséricorde, il les a renouvelés en la personne de son serviteur François. Ainsi il lui arriva de parler soudain, sans les avoir apprises, les langues de peuples divers et inconnus. Dieu les lui enseignait, et il les parlait très purement, comme s'il avait été élevé en ces régions-là. Il arriva encore parfois que, parlant à une foule composée de races diverses, chacun en même temps l'entendait dans sa langue maternelle raconter les grandeurs de Dieu. On en était stupéfait et comme en extase, et, frappée de ce miracle, une grande multitude recevait la parole de Dieu'^. »

1. 1616, n. 79. Cf. n. 85. Cette ville de Tevanapatam a été identifiée avec Jafnapatam et Negapatam. Ne serait-ce pas plutôt Devadapatnam, au Coromandel, où les Jésuites eurent plus tard une église dépendant de San Thomé, et qui disparut à la conquête hollandaise? (A. Lopez, p. 29.) On se trouvait à la limite de la langue telougou.

2. Ecrivant pour des croyants, nous n'avons pas à établir la possibilité d'un miracle attesté par le livre des Actes et les épîtres de saint Paul. On sait aussi que, dans la vie de saint Vincent Ferrier, Espagnol préchant à des Français et à des Bas-Bretons, on lit des récits semblables (Vie parle P. Fages, 0. P., t. II, p. II, ch. G). Un autre missionnaire de Basse-Bretagne, le Vén. Julien Maunoir, S. J., raconte lui-même que, ne sachant pas un mot de breton, il reçut de ses supérieurs, un jour de la Pentecôte, la permission d'étudier cette langue en vue des missions. Le mardi, il en savait assez pour faire le catéchisme. Six semaines plus tard il prêchait sans préparation {Vie par le P. Séjourné, t, I. p. 39).

Notons que chez Xavier, le miracle ne fut que transitoire. Il ne le dispensa jamais ni d'avoir des interprètes, ni de faire dos traductions à l'avance. Il ne le mit à l'abri, en temps ordinaire, ni des solécismes, ni des tours inintelligibles et ridicules. U semble du

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