‹ Saint François XavierChapitre 245 sur 820 · Voir p. 199, note · texte numérisé non relu

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encore de la conserver, s'ils n'étaient sous la domination du Portugal, ou du moins en des lieux où cette domination se fît sentir, comme sur le littoral où passent et repassentles armadas du roi, prêtes à récompenser ou à châtier les peuples selon leurs mérites. » Comprenons bien ce passage: il ne s'agissait pas, comme l'a dit et répété la légende protestante et voltairienne, de convertir les gens à coups de mousquet, mais, à coups de mousquet, s'il le fallait, d'éloigner d'eux les causes de perversion.

Donc le capitan acceptait de veiller sur les néophytes. II leur assurerait, contre les pirates voisins, la liberté de leur métier, et la liberté de conscience contre les revirements toujours possibles du rajah de Travancore. Il ferait plus. Gomme Xavier à la Pêcherie, il s'attaquerait aux vices des indigènes. Longue et fastidieuse lutte. Il y aurait à châtier. Mais, eux aussi, comme les Paravers, les Macuas sont de grands enfants, et il faut leur parler le seul langage qu'ils comprennent. En certains cas, on leur interdira la pêche. Or la pêche est leur gagne-pain. A la grièveté de la peine, ils mesureront la grièveté delà faute^

Cette police rigoureuse établie par le saint fut longtemps maintenue au Travancore, et rendue ofïicielle par acte royal. Un siècle exactement après le passage de Xavier, on écrivait : « Jadis les Pères, pour tenir ces mauvaises têtes en échec, avaient obtenu du roi Sébastien ordre au capitan de Coulam, de ne délivrer les patentes de pêche que sur la production d'un certificat signé par le propre missionnaire du requérant, attestant qu'il dépendait de telle église, et méritait la faveur demandée. Cette loi est encore en vigueur (1644)'\ »

Le Portugal se devait d'assumer pareil patronage. D'abord il y trouvait son profit. « Aux flottes royales et marchandes qui souvent croisaient le long des côtes, il importait fort, nous dit Valignano, d'avoir sur le littoral des populations chrétiennes, surtout à cet endroit, où le rivage était plein de repaires de brigands, qui, sur mer et sur terre, faisaient le plus de mal possible aux Portugais^. »

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