‹ Saint François XavierChapitre 246 sur 820 · Mon. Xai>., loc. cit · texte numérisé non relu

Mon. Xai>., loc. cit

Mais surtout le Portugal avait un devoir à remplir, celui du proche parent qui accepte la tutelle de l'enfant abandonné. La conversion au christianisme, en effet, créait aux Indiens, dans la société indigène, une situation fausse et douloureuse. Cette société, on le sait, est toute fondée sur la caste. Perdre sa caste, c'est se mettre en dehors ou en marge du monde indien, c'est une déchéance, une mort civile, le rejet dans les classes infimes qui ont à peine le droit à l'existence. Or on ne peut abandonner la religion hindoue sans perdre sa caste. Dans le langage courant, l'on ne passe pas au christianisme, on y « tombe' ». « Si l'Indien se fait chrétien ou musulman, dit l'auteur hindou d'un livre sur les castes et sectes de son pays, ses propres parents l'excluent de leur maison : plus de rapports entre eux, si ce n'est à distance. Sous le toit de famille, il ne pourra même plus obtenir une gorgée d'eau, sauf dans un pot de terre; et, ce vase, personne ne voudra plus le toucher, pas même les serviteurs de la maison. Ce sera à lui de l'enlever, s'il n'y a pas de balayeur à portée^. »

Il est vrai, Paravers et Macuas n'avaient pas à « tomber » de bien haut. Surtout l'esprit de caste, terrible obstacle aux conversions individuelles, était, dans le cas de conversions en masse, un gage de persévérance. Reste que les convertisseurs européens avaient l'obligation stricte de suppléer à ce que ne faisait plus la société hindoue, et d'assurer aux néophytes sécurité, dignité, ressources. La conquête évangélique des Paravers et des Macuas ne conférait aux Portugais aucun droit nécessaire. Tout au plus acquéraient-ils par là ceux que le roi du Travancore, chef légitime de ces deux castes, leur laissait prendre. Mais ils assumaient des devoirs, ils devenaient les tuteurs des faibles, et c'est le détail de cette tutelle qu'au passage, saint François Xavier dut régler avec le capitan de Coulam. Gela fait, il gagna Gochin (16 décembre)^.

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