IV. — A Cochin
Un abondant courrier d'Europe l'y attendait, plein de bonnes nouvelles, qu'il se hâta de transmettre à Mansilhas. On lui écrivait les progrès de la Compagnie en Italie et en Portugal. Une lettre du roi annonçait le départ de deux missionnaires, et en disait beaucoup de bien. Comme on ne les avait pas encore vua aux Indes, Xavier pensait qu'ils hivernaient à Mozambique : il se trompait. Les deux Pères avaient quitté Lisbonne ; mais le vaisseau qui les portait avait dû presque aussitôt rentrer au port. Bonne nouvelle pour Mansilhas surtout, car, de Rome^ lui arrivait l'autorisation de recevoir les ordres ^
François ne resta pas à Cochin plus de cinq ou six jours. Son intention était, une fois le message du roi de Travancore transmis aux autorités portugaises, de revenir en arrière et de poursuivre le travail commencé. Il avait largement semé ; maintenant il fallait cultiver, c'est-à-dire passer et repasser comme à la Pêcherie, en catéchisant, organisant, fécondant la chrétienté nouvelle.
Mais déjà d'autres œuvres se présentaient, urgentes, dont nous allons bientôt parler et qui l'appelaient ailleurs. Le vicaire général, Michel Vaz, qu'il trouvait à Cochin, attendantle moment de partir pour le Portugal, fut d'avis que, toutes affaires cessantes, il allât au plus pressé et remît à plus tard son retour au Travancore. Ce n'était pas la dernière fois que les événements venaient contrecarrer les projets de l'apôtre et le jeter en des entreprises auxquelles il n'avait pas songé.
11 était indispensable cependant de pourvoir au besoin des néophytes. Xavier pensait que les deux Pères annoncés n'allaient pas tarder beaucoup, deux ou trois mois au plus. II comptait certainement les envoyer, dès leur arrivée, au cap Comorin. De plus, il trouvait à Cochin deux prêtres séculiers. Manuel et Gaspard, des indigènes sans doute, prêts à partir pour la Pêcherie^. Il y avait déjà là quatre ou cinq autres prêtres, peut-être davantage, indigènes aussi pour la plupart. Il pouvait dégarnir quelque peu cette chrétienté plus ancienne en faveur de la nouvelle. Passant donc par-dessus certains