‹ Saint François XavierChapitre 248 sur 820 · Mon. Xat^., p · texte numérisé non relu

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ordres déjà donnés, relatifs à l'île de Manar, Xavier écrit à Mansilhas, et l'on devine à son insistance que l'affaire lui tient à cœur.

Aussitôt la lettre reçue, Mansilhas partira de Manapar en barque, avec Mathieu, un canacapole pour écrire les prières, et autres gens de service. Il se rendra d'abord au village de Momchuri', près du cap : il y a là des gens qui ont demandé le baptême. Puis il visitera les néophytes de la côte, établissant partout une école ^. Cela réglé, le saint était libre de s'éloigner ■et d'aller là où le poussait l'esprit de Dieu.

Il comptait revenir au plus tôt; mais Dieu avait ses desseins. Xavier ne reparaîtra plus qu'en passant dans ses chères chrétientés du cap Gomorin. D'autres missionnaires vont arriver <}ui élargiront et cultiveront le champ conquis par lui sur la gentilité. En quel état trouveront-ils la mission et quels furent «n somme les résultats de ces deux ans de labeur?

11 est difficile de donner un chiffre précis. Quelques indices permettent cependant de se faire une idée assez voisine de la réalité. Le saint lui-même est notre premier témoin. Dès le 15 janvier 1544, il nous parle de multitudes converties, de ses mains fatiguées à force de baptiser tout le jour, de trente chrétientés fondées, de plus de mille enfants envoyés en paradis par le saint baptême^. C'est à lui encore que nous devons une idée de ses conquêtes au Travancore : dix mille âmes, chiffre rond\ Une lettre de 1547 ou de 1548 donne le chiffre de vingt-six mille indigènes amenés à la foi par le saint, ce qui semble un peu trop pour le seul Travancore, et pas assez pour le Travancore uni à la Pêcherie\ On ne sera probablement pas très ■éloigné de la réalité en disant que, vers 1545, ce qu'on appelait la mission du cap Gomorin ne comptait pas loin de trente mille iidèles^.

1. Momchuri, probablement Manamcuri, Manacury (A. Lopez, p. 13).

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