I. — La lettre au roi
François Xavier se trouvait à Gochin au moment où la flotte royale préparait son départ pour l'Europe. Il en profita pour sa correspondance ^
Tout plein des entretiens qu'il avait eus avec le gouverneur, il écrivit d'abord au roi. C'est l'honneur de Jean III d'avoir su écouter les rudes leçons que, de l'autre côté des mers, lui envoyait parfois le grand apôtre : « Mettez-vous bien en tète, disait Xavier, et répétez-vous souvent, que, si Dieu vous a donné l'empire des Indes, c'est pour vous éprouver, pour voir le fond de votre cœur, quelle reconnaissance vous aurez pour lui. Il s'agit beaucoup moins de remplir vos trésors des richesses de l'Orient, que de montrer à Dieu votre zèle en aidant les missionnaires. Cela, vous l'avez compris, de là les recommandations que vous faites à vos officiers. Vous sentez que vous avez charge d'âmes et que Dieu, un jour, vous demandera compte de toutes celles qui se perdent faute d'avoir qui les enseigner 2. »
L'occasion se présentait pour le prince d'exécuter ses bons desseins. Le vicaire général, don Michel Vaz, allait partir pour Lisbonne. Il portait au roi des rapports exacts sur l'état spirituel des Indes, les obstacles, les espérances de progrès. Xavier faisait de lui un éloge dont il faudra se souvenir quand nous entendrons les historiens protestants le traiter de vulgaire
1. Lettre 46, à Jean III (traduction latine); 47, à S. Ignace; 48, aux Pères de Rome; 49, au P. S. Rodriguez.