‹ Saint François XavierChapitre 264 sur 820 · Mon. Xav., p · texte numérisé non relu

Mon. Xav., p

3. Albuquerque, Cartas, t. I, p. 32 (Lisbonne, 1884) ; Commentaries, édit. Hakluyt S'.', 1875-1884, t. III, p. 137 ; — Bahhos, Dec. II, 1. V, ch. 11, p. 558.

Xavier continuait donc : « Le jour du jugement est proche, il viendra plus vite qu'on ne croit. Mais alors, lorsque le Seigneur examinera l'âme du roi, il lui reprochera d'avoir laissé impunies aux Indes les fautes commises contre son saintNom, au lieu qu'il était si sévère dans les impôts et la perception des revenus royaux. Sera-ce une réponse que de dire : « J'écrivais tous les ans » ? EtXavier se demande comment on pourrait bien rendre plus efficace la protection royale en matière religieuse. Ce qui entrave l'action des gouverneurs les mieux intentionnés, n'est-ce pas que leurs pieuses intentions sont trop souvent en désaccord avec la politique ou les intérêts d'argent? Ne pourrait-on séparer les deux domaines et donner pleine autonomie à la religion? Pourquoi ne pas envoyer aux Indes un officier revêtu de l'autorité même du roi, ne s'occupant que de religion, chargé de supprimer les scandales et autres obstacles au progrès de la foi ; constituer par conséquent une haute police religieuse' ? Au fond, ce que Xavier demande, c'est une extension, aux pays d'outre-mer, de l'Inquisition de Portugal, Il menacera bientôt le capitan de Tuticorin de le dénoncer au grand Inquisiteur, frère du roi.

L'objet propre de cette institution nouvelle, plus que la surveillance des hérétiques et des judaïsants, serait la répression de ces officiers prévaricateurs dont les crimes entravent le progrès de l'Evangile. Le projet était-il pratique ? L'apôtre pouvait-il espérer de cet inquisiteur, l'indépendance idéale, la suprême justice, l'absolu désintéressement qu'il rêvait? Quoi qu'il en soit, de la part du grand missionnaire, l'idée même de recourir à pareil moyen était d'un homme déjà quelque peu désabusé. Sa confiance dans les gouverneurs n'est pas loin de s'évanouir. Il a touché du doigt leur impuissance. Ils peuvent encore, par des interventions énergiques, assurer aux apôtres la liberté de conquête au dehors. Mais, au dedans, sur les terres portugaises, que peuvent-ils pour arrêter les scandales? Il avait compté sur Martin Alphonse de Sousa; mais la réelle bonne volonté du gouverneur avait été paralysée, par ses défauts personnels d'abord, et aussi par les circonstances, par l'insta-

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