Mon. Xav., p
vécu comme des animaux; et ils voulaient maintenant vivre en hommes, dans la connaissance et le service de Dieu. Les capitans des forteresses portugaises les ont pourvus de clercs pour exercer là le ministère aspotolique '. »
Saint François Xavier avait donc bien des raisons de dire à ses frères de Rome : « Vous le voyez : cette terre est riche de promesses. Orate ergo^ fratres, Dominum messis ut mittat operarios in vineam suani'^. J'ai cette confiance en DieuNotre- Seigneur que, cette année, je ferai plus de cent mille chrétiens. » Mais il fallait des collaborateurs. Il en demandait à Jean III : « Envoyez le plus que vous pourrez des ouvriers de la Compagnie : on en a besoin non seulement en ce quartier des Indes, mais à Malacca et dans les environs^. » Il en demandait au Père Simon Rodriguez : « Envoyez beaucoup de monde ici; c'est pour dilater les limites de la Sainte Mère Eglise. J'en ai l'expé rience, ceux qui ont du zèle pour la foi du Christ Notre-Seigneur, font beaucoup de bien. Voilà pourquoi j'insiste ^. » lien demandait à saint Ignace : « Des personnes qui ne sauraient ni confesser, ni prêcher, ni faire aucune des œuvres de la Compagnie, seraient encore utiles ici. Il faudrait leur faire faire les Exercices, les soumettre pendant quelques mois à d'humbles travaux. Mais elles doivent avoir la santé et la vertu. Dans ce pays d'infidèles, la science n'est pas indispensable. Il ne s'agit que d'enseigner les prières, visiter les chrétientés, baptiser les nouveau-nés ; car il en meurt beaucoup sans baptême, faute de quelqu'un qui le leur donne, et nous ne pouvons être partout. Si donc vous trouvez des gens peu faits pour être de la Compagnie, mais capables d'aller et de venir, baptisant et enseignant les prières, envoyez-les; ils nous seront utiles. J'ai dit qu'ils doivent être capables d'endurer de grandes fatigues corporelles; car le pays est accablant. Il y a l'excès des chaleurs, souvent le manque d'eau potable. La nourriture est peu variée : du riz, du poisson, des poules, pas de pain, pas