‹ Saint François XavierChapitre 279 sur 820 · Lettre d'André de Sousa, 20 déc. 1544, Ckos, I, p · texte numérisé non relu

Lettre d'André de Sousa, 20 déc. 1544, Ckos, I, p

On pense si la requête fut bien accueillie des princes fugitifs. Déjà ils avaient soumis au roi de Portugal leurs projets. Don Louis, le cadet, hériterait du domaine de son frère défunt, que son père lui refusait à cause de son baptême. Don Jean aurait le titre de prince héritier, et, en attendant de monter sur le trône de Gotta, serait mis en possession de Jafnapatam, qui lui revenait de droit. 11 aurait juridiction sur les chrétiens du cap Comorin. Il garderait chez lui sa pleine indépendance, et, à l'exclusion du gouverneur de l'Inde, nommerait aux charges et offices de son royaume. Son frère Louis serait son héritier. Don Diogo de Borba, qui, à Goa, l'avait accueilli et consolé, serait évêque dans ses Etats, et André de Sousa, capitaine et gouverneur de ses seigneuries'.

A Gotta, la situation demeurait équivoque. Le rajah jouait double jeu. Ses relations officielles avec les Portugais restaient correctes. Mais il craignait. L'hospitalité donnée à ses fils marquait assez les intentions du gouverneur. Aussi, en dessous, tendait-il la main à tous les ennemis des étrangers, princes de l'intérieur et musulmans du Malabar. En même temps il cherchait à endormir Jean III par de belles promesses.

Jean III restait perplexe. Entre les deux prétendants de Jafnapatam, l'un déjà chrétien, l'autre promettant de l'être, qui choisir? Les combinaisons des deux princes de Gotta s'accordaient mal avec celles dont le Père François s'était fait le messager et presque le patron. Il écrivait encore au gouverneur ^r « Le roi de Geylan me fait dire que, si je confirme les provisions qui lui assurent la possession du pays, il me donnera un surplus de 400 quintaux de cannelle et me tiendra quitte de l'emprunt que je lui ai fait? D'ici, je ne puis voir ce qu'il y a de mieux à faire. A vous de juger. Mais souvenez-vous que je n'ai qu'un but, servir Dieu et aider à la propagation de la foi. Je tiendrai pour le mieux tout ce qui favorisera davantage ce dessein^.» En même temps, le rajah continuait à tracasser les chrétiens ; mais il se faisait toujours des conversions. « Dans la ville de mon père, écrivait le prince Jean, l'on ne fait que bap-

1. Lettre de don Jean à la reine da Portugal, Ibid., p. 281, 282 (15 oct. 1545).

2. Lettre de Jean III à Jean de Castro (8 mars 154G), Jbid., p. 287.

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