‹ Saint François XavierChapitre 288 sur 820 · La cire destinée à l'autel de la Sainte Vierge · texte numérisé non relu

La cire destinée à l'autel de la Sainte Vierge

Le témoin concluait : « Bref, pour moi, c'était un saint, de haute vertu, de haute dévotion. En loi de quoi je signe le présent témoignage'. »

Que se passait-il donc la nuit, dans ce dépôt de sacristie? Ce que Xavier était venu chercher à San Thomé, c'était, avec un accroissement de zèle et de courage, la lumière sur ce que Dieu voulait de lui. De quel côté devait-il se tourner? revenir vers la Pêcherie ou s'éloigner vers Malacca ? Et c'était une lutte, non seulement avec le ciel qui ne se laissait arracher son secret que lambeau par lambeau, mais encore avec l'enfer. Dieu permettait que le diable intervînt et fît sentir à l'apôtre que c'était bien avec lui que la guerre était engagée.

Pareilles luttes ne sont pas rares dans la vie des saints^. Parfois le démon, se transfigurant en ange de lumière, s'efforce de tromper par des prestiges ; et c'était le cas, semble-t-il, quand Xavier entendait, dans l'église, chanter ces étranges matines qui le troublaient. D'autres fois, Dieu laisse les saints, pour un temps et dans les limites fixées par lui, en proie à la fureur de leurs ennemis; alors, terreurs de l'imagination, obsession de la sensibilité, tortures du corps et tortures de l'âme. Si les extases d'amour les font, pour un instant, pénétrer dans les délices du paradis, en ces heures de tortures, c'est avec l'enfer même qu'ils font connaissance.

François eutlargement part à cette croix. Il eut plus d'une fois l'impression directe de l'action diabolique. On dirait, à certaines allusions voilées de sa correspondance, que les ombres qui enveloppent le monde des âmes se dissipaient, et il voyait, il sentait l'activité des esprits mauvais^.Ou bien il lui fallait acheter, au prix de luttes nocturnes dont il sortait battu, meurtri, mais vainqueur, l'efficacité merveilleuse de son apostolat. San Thomé garda longtemps le souvenir de ces épisodes. « Aujourd'hui encore, écrit Valignano longtemps après, les habitants de cette ville racontent les coups qu'il reçut du diable durant ses veilles de prières dans l'église et les assauts que lui donna l'enfer, mais

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