Mon. Xav., p
NÉG\PÀTAM BT SAN THOMÉ 333
aussi des lumières qui lui furent alors communiquées par le Seigneur*. »
Enfin il put écrire : « Il a plu au Dieu de miséricorde de se souvenir de moi. Une grande consolation intérieure m'a fait sentir et voir qu'il veut que j'aille en cette région de Malacca^.»
Donc, il partira pour l'Orient; et déjà, devançant du cœur et du désir l'exécution de ses projets, il se fait un plan d'apostolat.
« 11 est bien juste que, s'étant faits spontanément chrétiens, nous traitions ces indigènes avec une spéciale faveur. Je traduirai le Pater Noster etVAve Maria, afin qu'ils sachent demander à Dieu l'accroissement de leur foi et la grâce d'observer sa loi ; et, de même, le Confîteor afin que, en attendant que Dieu leur envoie des confesseurs qui entendent leur langue, cette confession quotidienne des péchés leur tienne lieu de confession sacramentelle 3. »
La volonté de Dieu lui paraît maintenant évidente, il en croit les vives impressions de joie spirituelle que fait naître en lui la pensée de cette entreprise. C'est l'attrait de Dieu qui se fait sentir et il est irrésistible. Il y a là une de ces lumières qui s'imposent à l'esprit avec toute la force de l'évidence : « Désobéir, déclare François, ce serait attirer sur moi la colère de Dieu, en ce monde et en l'autre. Si je ne trouve pas cette année de navires portugais pour gagner Malacca, je m'embarquerai sur un vaisseau de musulmans ou de païens. J'ai tant de confiance, mes bien-aimés frères, en Dieu Notre-Seigneur , pour le seul amour de qui j'entreprends ce voyage que, s'il n'y a pas de vaisseaux cette année, je monterai en catimaran (radeau indigène, fait de trois ou quatre troncs d'arbres, comme il en voyait sans doute un grand nombre sur la plage de San Thoméi. J'irai là-dessus confîden ter, toute mon espérance étant