Ibid., p
3. Mon. Xai'.,f. 483. Cette dernière réflexion est notable; elle montre qu'au début la vie chrétienne des néophytes était fort simplifiée. Pas de prêtres sachant la langue, donc pas de confessions, pas de communions. Cette anomalie disparaîtra bientôt, et les missionnaires ne manqueront pas de signaler ce grand progrès . Gomme on le voit, les procédés ont changé. Aujourd'hui l'on ne baptise les adultes, sauf en danger do mort, que s'ils sont capables d'observer les lois de l'Eglise dans leur intégrité.
en Dieu. Pour l'amour et service de Dieu Notre-Seigneur, je vous prie, mes frères très chers in Cliristo^ souvenez-vous de moi dans vos sacrifices et prières continues, et recommandezmoi, pécheur, à Dieu. J'espère partir vers la fin d'août. Les vaisseaux qui s'y rendent attendent la mousson. J'écris au seigneur gouverneur lui demandant provision à l'adresse du capitan de Malacca, afin qu'il me trouve une embarcation et tout le nécessaire pour aller à Macassar^ »
Le séjour de saint François Xavier à San Thomé est le seul moment de relâche qu'il se soit accordé pendant sa carrière de missionnaire. Encore ces jours de retraite et de prière ne furent pas perdus pour l'apostolat.
11 y avait dans la ville une centaine de familles portugaises ^ et sans doute aussi de ces vieux soldats célibataires, nombreux aux Indes, qui avaient quitté les armes pour le commerce et trop souvent vivaient dans le désordre^. François leur réservait ses matinées; le soir il prêchait aux chrétiens indigènes'*. Gomme à Goa, il enveloppait les pécheurs dans un réseau de bonté simple et surnaturelle, causant, s'invitant à dîner, s'intéressant à tout, se faisant partout des amis. Les gros scandales disparurent, les liaisons coupables furent régularisées, l'usure abolie, les esclaves arrachées au libertinage des maîtres^.
Dieu parfois lui venait en aide d'une façon merveilleuse. Laissons la parole à l'un de ses convertis. En 1557, Jean de Eyro, alors Franciscain, racontait ce qui suit : « Le Père Maître François disait et faisait beaucoup de choses qui ne pouvaient lui être inspirées que par l'Esprit de Dieu. Etant à Geylan, je lui avais demandé de me confesser, lime répondit qu'il le ferait à San Thomé où il se rendait. Il voulait, je pense, par ce délai, mettre ma constance à l'épreuve. Je vins donc à San Thomé,
1. Mon. Xav., p. 384. Lettre adressée à Diogo de Borba et à Paul de Gamerimo. Xavier y demandait qu'on lui envoyât un briulario romano pequeno. On conservait naguère à la résidence des Jésuites de Nantes un petit bréviaire qu'on disait avoir appartenu au saint. La relique provenait de Macao. Le livre avait été imprimé à Lisbonne en 1541 ; un appendice porte la date 1546.